ÉPICURE

ÉPICURE

Épicure est un philosophe grec, né à Athènes fin -342 ou début -341, mort en -270. Il est le fondateur, en 306 av. J. -C.

Catégories : Philosophe de la Grèce antique - Philosophe agnostique - Décès en -270 - Philosophe hellénistique - Épicurisme - Courant philosophique

Définitions : Philosophe grec fondateur de l'école dite du Jardin, plus connue sous le nom d'épicurisme. Cf. infra, Simulacre. (source : tvcover.free) Épicure (Ἐπίκουρος) Philosophe Grec Antiquité

Hermès romain d'Épicure Naissance : fin -342 ou début -341 (Athènes) Décès : -270 École/tradition : Atomisme, fondateur de l'épicurisme, précurseur du matérialisme Principaux intérêts : Théorie de la connaissance, Physique, Éthique, Eudémonisme Idées remarquables : clinamen ou déclinaison des atomes, atome, vide, prénotion (ou prolepse), ataraxie Influencé par : Leucippe, Démocrite A influencé : Cicéron, Lucrèce, Horace, Ovide, Sénèque, Marc Aurèle, Érasme, Montaigne, Gassendi, Voltaire, Hume, Bentham, Schelling, Mill, Marx, Nietzsche, Onfray Épicure (en grec Ἐπίκουρος) est un philosophe grec, né à Athènes fin -342 ou début -341, mort en -270. Il est le fondateur, en 306 av. J. -C., de l'épicurisme, l'une des plus importantes écoles philosophiques de l'Antiquité.

Biographie

La vie et l'éducation d'Épicure Épicure, selon l'opinion la plus courante rapportée par Diogène Laërce, est né à Athènes, dans le dème de Gargettios, en -341. Son père, Néoclès, enseignait la grammaire, et sa mère, Chérestrate était magicienne. Épicure semble avoir été élevé à Samos (peut-être même y est-il né, son père étant un colon athénien), puis il vint à Athènes pour y accomplir son service militaire vers l'âge de 18 ans, avant de partir rejoindre son père à Colophon, au nord de Samos, en -323. Il y resta de -323 à -321 et y reçut certainement les leçons de Nausiphane. Il gagne ensuite Mytilène où il commence à enseigner. Sa philosophie suscite alors l'hostilité (mais il y rencontre son disciple et futur successeur Hermarque), et il part rapidement pour Lampsaque où il vivra de -310 à -306. Il y rencontre Colotès, Métrodore, Idoménée qui le suivront à Athènes.

En -306, à 35 ans, il vint s'installer à Athènes qui venait d'être délivrée par Démétrios Poliorcète, et il y acheta un jardin pour 80 mines : l'école du Jardin devint le centre des études épicuriennes. Il y passa le reste de sa vie. C'est pendant cette dernière période qu'il rédige un très grand nombre de ses œuvres et de ses lettres ; il est l'un de ceux qui ont le plus écrit dans l'Antiquité (300 ouvrages semble-t-il). Il eut pour disciples : Hérodote, Pythoclès, Hermarque, Métrodore, Polyénosz, Léonteos de Lampsaque, Themista, Leontion, Colotès, et Apollonidès, avec lequel il aurait eu plusieurs rapports homosexuels, courants dans la Grèce antique.

Épicure mourut en 270 av. J. -C. La vie qu'il mena dans son jardin fut simple et frugale, il était végétalien (il mangeait tout de même à l'occasion du fromage). Selon Dioclès, cité par Diogène Laërce, «un verre de vin lui suffisait, et il buvait plutôt de l'eau.» Le Jardin est néenmoins passé pour un lieu de débauche, mais de telles accusations semblent calomnieuses, vu l'habitude des philosophes de lancer des accusations douteuses contre leurs adversaires. L'image d'Épicure est devenue celle d'un impie et d'un débauché, pire, d'un pourceau.

La vocation de philosophe lui vint particulièrement tôt, à 14 ans selon le témoignage de Diogène Laërce, lorsque, à la lecture d'Hésiode, il demanda à son maître d'où venait le chaos essentiel d'où toutes choses sortaient que décrit le poète dans la Théogonie. Les réponses de son maître ne le satisfaisant pas, il décida de philosopher seul et sans guide, en autodidacte (on lui reprochera plus tard de s'en être vanté). Il reçut néenmoins les leçons d'un platonicien, Pamphile, et de Nausiphane et Nausycide, des atomistes.

Sa philosophie prône le contentement (de ses avoirs, de son état affectif, de son rang social) et la vie communautaire entre amis dans un bonheur stable. Elle s'oppose avec force au platonisme et de manière plus mesurée à la doctrine d'Aristote (des fragments nous font voir en Épicure un lecteur consciencieux d'Aristote)  ; quant à l'héritage démocritéen, l'atomisme épicurien n'en est pas une simple copie : Épicure modifie certaines idées de Démocrite et ajoute le concept particulièrement important de clinamen (voir plus bas le chapitre sur la physique d'Épicure).

Son caractère, et l'influence de sa pensée

Article détaillé : Épicurisme. Épicure voulut assurer l'immortalité de son nom, en léguant le Jardin sous la condition que sa philosophie y fût enseignée et qu'on célébrât chaque mois une fête en son honneur. Il faisait des résumés de ses œuvres et conseillait à ses disciples de les apprendre par cœur.

Mais cet orgueil de philosophe mis de côté, Épicure est décrit comme un ami fidèle et bienveillant, d'un naturel sympathique : «Sa vertu fut marquée en d'illustres caractères, par la reconnaissance et la piété qu'il eut envers ses parents et par la douceur avec laquelle il traita ses esclaves[1].» C'est Sénèque, un Stoïcien, qui dit de sa pratique : «Pour moi, je pense et j'ose le dire contre l'opinion des nôtres, que la morale d'Épicure est saine, droite et même austère pour qui l'approfondit... Je dis qu'elle est décriée sans l'avoir mérité[2].»

La doctrine d'Épicure eut un succès prodigieux, tant par le nombre de ses disciples, que par l'affection et les forts sentiments dont elle fut l'objet : «Le charme de cette doctrine égalait la douceur des sirènes[3].» Elle gagna Rome et toute l'Italie, avec Lucrèce surtout, qui est reconnu comme l'un des rares poètes (sinon l'unique) à avoir réussi à mettre de la philosophie en vers.

La popularité de l'épicurisme contraste avec la diffusion plus faible des doctrines des autres philosophes de l'Antiquité. Le stoïcisme apparaît réservé à des individus capables d'une discipline peu commune, et le platonisme se diffuse en particulier dans les milieux cultivés. On a quelquefois rapproché Épicure de Jésus, en soutenant que ces deux hommes faisaient figure de sauveurs aux yeux du peuple ; et , en effet, les consolations apportées par Épicure sont chantées par Lucrèce comme des dons divins, propres à régénérer l'homme tourmenté par les passions, les superstitions, la peur des dieux, etc. C'est pourquoi certains philosophes, tels que Nietzsche, n'hésitent pas à voir en cette pensée une sorte de christianisme païen[4], i. e. une pensée rédemptrice mais sans la notion de péché propre à cette dernière religion.

Malgré cette œuvre énorme, quoiqu'Épicure eût élaboré l'une des doctrines cardinales de l'histoire de la civilisation européenne (une autre, la plus opposée, étant le stoïcisme), il ne nous reste que trois lettres de ce grand et puissant philosophe (Lettre à Hérodote, Lettre à Pythoclès et Lettre à Ménécée), et quelques maximes (40 Maximes Capitales et 81 Sentences Vaticanes) découvertes pour la majorité à la fin du XIXe siècle. Des fragments du De la nature (Peri phuseos) furent aussi découverts à Herculanum en 1752 (à une époque où la morale épicurienne, longtemps combattue, revenait en force).

Cause de sa mort

Il est mort d'une rétention d'urine causée par la pierre (certainement des calculs rénaux), comme le dit Hermarque dans ses lettres, après une maladie qui a duré quatorze jours ; Hermippe raconte qu'alors il entra dans une baignoire de bronze tempérée d'eau chaude, demanda du vin pur et l'avala. Après avoir enjoint ses amis de se remémorer ses doctrines, ainsi mourut-il.

Il laissa un testament[5] et une lettre à Idoménée.

SOURCES: www.histo.com/epicure.php