ASMOUS, VALENTIN

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ASMOUS Valentin (1894, Kiev-1975, M.)

– philosophe, historien de la philosophie, logicien. Diplômé de la faculté d’histoire et de philologie de l’Univ. de Kiev (1919), docteur en philosophie (1940). À partir de 1927, travaille à l’Institut de formation des professeurs Rouges**; à partir de 1939, professeur à l’Univ. de M. ; enseigne aussi à l’Acad. Kroupskaïa (Institut pédagogique socialiste) et au M.I.F.L.I.** (Institut d’histoire, de philosophie et de littérature de M.). Directeur de recherches à l’Institut de Philosophie de l’Acad. des sciences de l’URSS* (dès 1968) et à l’Institut de littérature mondiale (dès 1956). Membre actif du Collège international de philosophie de P. Son activité en philosophie débute à Kiev, où il publie Les Tâches de la critique musicale O zadačah muzykal’noj kritiki (1916), son premier ouvrage ; Essai sur le développement de la méthode dialectique dans la philosophie moderne de Kant à Lénine [[Očerk razvitiâ dialektičeskogo metoda v novejšej filosofii ot Kanta do Lenina]] (1924), réédité sous le titre Essais sur l’histoire de la dialectique en philosophie moderne [[Očerki istorii dialektiki v novoj filosofii]] (M., L., 1929). Dans les années 1920 à 1940, il collabore aux revues Pod znameniem marksizma, Vestnik kommounistitcheskoï akademii, [[Na literatournom postou]], Sovietskaïa literatoura, Znamia, etc. Dans son ouvrage Marx et l’historisme bourgeois Marks i buržuaznyj istorizm (1933), A. analyse plusieurs problèmes généraux de la philosophie de l’histoire, dont l’objet lui semble être d’élucider les conditions dans lesquelles la connaissance historique est possible, d’établir la spécificité de l’histoire comme science, de définir ses relations avec les autres sciences. Dans les années 1930-1940, il publie un ensemble d’articles critiquant les idéologues du national-socialisme, en particulier leurs tentatives pour s’inscrire dans la tradition de la philosophie allemande classique et présenter Kant, Fichte et Hegel – entre autres – comme les précurseurs de leur propre théorie (La Falsification fasciste de la philosophie allemande classique Fašistskaâ fal’sifikaciâ klassičeskoj nemeckoj filosofii, M., 1942). Dans les années 1950-1970, il fait paraître des monographies consacrées à Démocrite, Platon, Descartes, Rousseau, Kant etc. Il est aussi l’auteur de plusieurs chapitres d’un Abrégé d’histoire de la philosophie Kratkij očerk istorii filosofii (M., 1960). Dans Le problème de l’intuition en philosophie et en mathématiques [[Problema intuicii v filosofii i matematike]] (M., 1963; 2e éd. 1965), A. cherche à mettre en évidence le sens et la fonction de la notion d’intuition dans certaines conceptions philosophiques concrètes, le rôle joué par l’intuition dans la résolution des grands problèmes d’épistémologie. Il montre comment son importance a évolué dans le rationalisme et l’empirisme des XVIIe et XVIIIe siècles, la philosophie allemande classique, les théories de Schopenhauer, Croce, Bergson. Un chapitre est spécifiquement consacré aux questions liées à l’intuition dans les mathématiques de la fin du XIXe et du début du XXe siècle (dans la théorie de Cantor, la philosophie des mathématiques de Poincaré, l’intuitionnisme*). A se passionne également pour les questions liées à l’histoire de la philosophie, de la littérature et de l’esthétique russes (il a étudié les œuvres de Tchaadaïev*, Tolstoï*, Tchernychevski*, Pouchkine*, Lermontov, Griboïedov, Plékhanov*, Chpet*), ainsi que pour la philosophie à la fin du XIXe siècle en Russie (« La lutte entre les courants philosophiques au sein de l’Université de Moscou dans les années 1870 » [[Bor’ba filosofksih tečenij v Moskovskom universitete v 70-h gg XIX veka]]; « La philosophie à l’Université de Moscou dans la 2e moitié du XIXe siècle » [[Filosofiâ v Moskovskom universitete vo vtoroj polovine XIX veka]]; « L’hégélianisme conservateur de la 2e moitié du XIXe siècle » Konservativnoe gegel’ânstvo vtoroj poloviny XIX veka, cf. bibl.). A. analyse de manière approfondie les grandes questions de théorie et d’histoire de l’esthétique, russe ou non. Il compare l’esthétique russe aux esthétiques allemande et anglaise, pour dégager ses caractéristiques, telles que la relation étroite entre pensée esthétique et pratique vivante de l’art, le rôle éminent joué par la critique d’art dans l’évolution philosophique de la société, l’art regardé comme moyen de transformer la vie. A. s’est aussi attelé aux problèmes de l’esthétique musicale, à laquelle il a consacré plusieurs articles dans la revue Sovietskaïa Mouzyka dans les années 1940-1950. La logique a également tenu une place importante dans son œuvre. En 1947, il fit paraître La Logique Logika. Par la suite, il rédigea plusieurs chapitres d’un ouvrage collectif portant le même titre (M[., 1956). Entre-temps, il avait aussi publié son Enseignement de la logique sur la démonstration et la réfutation [[Učenie logiki o dokazatel’stve i oproverženii]] (1954). À la fin des années 1960, il prit part à la préparation de recueils et de manuels d’histoire de la philosophie. Il poursuivit ses recherches dans le domaine de la dialectique et de la philosophie allemande classique, et prépara également un ouvrage intitulé L’histoire de la philosophie, telle qu’elle a été représentée et reçue par l’existentialisme russe Istoriko-filosofskij process v izobraženii i ocenke russkogo èkzistencializma. Ses Études sur l’histoire de la philosophie Istoriko-filosofskie ètûdy ont été publiées à titre posthume : elles réunissent ses essais sur l’histoire de la philosophie occidentale de Platon à James.

Œuvres :

Izbrannye filosofskie trudy v 2 t., M., 1969-1971 ; Istoriko-filosofskie étûdy, M., 1984; V. S. Solov’ev, « Opyt filosofskoj biografii », in: Voprosy filosofii, 1988, N° 6; [[Nemeckaâ èstetika XVIII veka, Editorial URSS]], M., 2004.

Études :

« V. F. [[Asmus – pedagog i myslitel’ (k 100-letiû so dnâ roždeniâ) », in: Voprosy filosofii]], 1995, N° 1, p. 31-51. A. I. Abramov / Trad. C. Bricaire

SOURCES: Dictionnaire de la Philosophie russe.