Centralisme démocratique

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Les origines du centralisme démocratique

Le centralisme démocratique est le nom donné aux principes d'organisation interne utilisés par les partis politiques communistes, et le terme est parfois utilisé comme synonyme de toute politique léniniste à l'intérieur d'un parti politique. L'aspect démocratique de cette méthode d'organisation décrit la liberté des membres du parti politique de discuter et débattre des questions de politique et d'orientation, mais une fois la décision du Parti prise par un vote majoritaire, tous les membres sont censés défendre cette décision. Ce dernier aspect représente le centralisme. Comme Lénine l'a décrit, le centralisme démocratique se compose de "la liberté de discussion, l'unité d'action." [1]

Les statuts des organisations communistes ont généralement défini les principes clés suivants du centralisme démocratique:

Élection de tous les organes du parti du bas vers le haut et renouvellement systématique de leur composition, si nécessaire. Responsabilité des structures du Parti vis-à-vis des structures inférieures et des structures supérieures. Discipline stricte et consciente dans le Parti : la minorité doit suivre les décisions de la majorité, jusqu'à ce que la politique soit modifiée. Les décisions des structures supérieures sont obligatoires pour les structures inférieures. Coopération de tous les organes du Parti, de façon collective, à tout moment et, corrélativement, responsabilité personnelle des membres du parti pour les missions qui leur sont données et pour les affectations qu'ils créent eux-mêmes. Le texte Que faire? de 1902 est communément considéré comme le texte fondateur du centralisme démocratique. A cette époque, le centralisme démocratique était généralement considéré comme un ensemble de principes pour l'organisation d'un parti ouvrier révolutionnaire ». Le modèle de Lénine pour un tel parti était le Parti social démocrate allemand, .

La doctrine du centralisme démocratique a été l'une des sources de la scission entre les Bolcheviks et les Mencheviks Les Mencheviks ont soutenu une discipline moins stricte du Parti dans le Parti social-démocrate russe en 1903, de même que Leon Trotsky, dans Nos tâches politiques [2] bien que Trotski ait rejoint les Bolcheviks en 1917.

Après la consolidation réussie de pouvoir par le Parti communiste après la révolution russe de 1917 et la guerre civile russe, la direction bolchevique, avec Lénine, a institué une interdiction de factions au sein du Parti communiste russe par Résolution n ° 12 du 10e Congrès Partie en 1921. Cette résolution a a été adoptée dans la matinée du 16 Mars, 1921 (Protokoly 1933 ed. 585-7, 1963 ed. 571-3). Les partisans de Trotsky prétendent parfois que cette interdiction était destinée à être temporaire. Mais il n'y a rien dansla discussion lors du 10e Congrès Parti suggérant que cette interdiction était destinée à être temporaire (Protokoly 1933 ed. 523-548).

Le Groupe du Centralisme démocratique est un groupe au sein du Parti communiste russe qui préconisaient différentes conceptions de la démocratie pluraliste.

Sous Brejnev, le centralisme démocratique a été décrit, dans la Constitution soviétique de 1977, .

Le centralisme démocratique en Union soviétique

Du temps de l'Union Soviétique,dans les années 1980, le centralisme démocratique [3] était perçu de la façon suivante . Principe de direction de la société socialiste, d'organisation et d'activité du parti communiste et de l'Etat soviétique. En U.R.S.S. et dans les autres pays socialistes, le centralisme démocratique est à la base de la direction du parti, de l'Etat et de l'économie nationale. Il s'exprime dans l'unité de deux principes d' organisation corrélatifs: la démocratie et le centralisme. La démocratie suppose l 'élection des organes dirigeants, leur responsabilité devant les masses et l'obligation de rendre compte à celles-ci de leur activité. Le centralisme, c’est l'application d'une politique unique, la subordination des organismes inférieurs aux organismes supérieurs, de la minorité à la majorité. Le centralisme démocratique allie à la direction unique les initiatives et l'activité créatrice à la base, la responsabilité de chaque organisme de l'Etat et de chaque fonctionnaire pour les tâches dont ils sont chargés. Le principe du centralisme démocratique permet d'orienter ]e développement social vers les objectifs fixés, d'harmoniser les intérêts locaux et ceux de l'Etat. Le perfectionnement de la structure d'organisation et des méthodes de direction entraîne une consolidation des deux composants du centralisme démocratique: le centralisme se développe, faisant ainsi obstacle aux étroitesses locales et au compartimentage administratif, tandis que les principes démocratiques connaissent un développement qui stimule au maximum les initiatives à la base.

Le Centralisme démocratique depuis la chute de l'Union soviétique

La plupart des grands partis communistes conservent le principe du centralisme démocratique (Parti communiste chinois, Parti communiste russe, parti communiste du Viet Nam, Parti communiste de Cuba, Parti communiste grec, etc) Le Parti communiste français a abandonné le principe du Centralisme démocratique à son 28e Congrès en 1993 [4]

Voici l'argumentation qui a été utilisée :Abandon du « centralisme démocratique », : « Les fondateurs du Parti communiste ont choisi pour principe de fonctionnement le centralisme démocratique. Ce principe a permis de se dégager de la pratique profondément antidémocratique des « tendances » à laquelle il ne peut etre question de revenir avec ses enjeux de pouvoir et ses compromis entre leaders qui cristallisent les positions et conduisent à ce que les adherents n'ont pas de prise réelle sur les choix de leur propre parti et à ce que les électeurs n'ont aucune assurance que les engagements qu'il prend seront tenus. Mais il correspond à une conception du combat révolutionnaire qui fut celle du Parti communiste, qui n'est plus la sienne, et qui dolt aujourd'hui être pleinement dépassée : celle qui attribuait à ce parti un role de direction de la transformation sociale et mesurait sa capacité de jouer ce role a son unité de pensée et d'action autour de la ligne politique décidée centralement. Cette conception conduisait à confondre unité et uniformité et donc à considérer comme des adversaires potentiels, à combattre, à mettre à I'écart des communistes sincères qui n'étaient pas d'accord avec cette ligne et le disaient. Le Parti communiste, ses militants le regrettent et ne veulent plus que de tels faits puissant se reproduire. Certes, l'application concrète de ce principe à beaucoup varié selon les époques. II fut un temps ou la direction du Parti exerça sur celui ci un pouvoir outrepassant celui que le centralisme démocratique lui conférait. Inversement, son renouvellement à amené dans les faits le Parti communiste à s'éloigner de plus en plus de ce principe, notamment à partir du 25e Congrès en 1985, lorsque fut décidé de distinguer les positions prises dans la tenue et la conclusion des débats politiques et les critères d'élection des dirigeants. La volonté politique qui marqua le 27e Congrès en 1990 de « travailler ensemble » à tous les niveaux du Parti entre communistes tels qu'ils sont, donc de sensibilités et d'opinions différentes, à constitué un tournant irréversible. Cette volonté à impliqué que le respect d'autrui, la totale liberté de ton, I'écoute mutuelle président aux rapports entre les adhérents, et que ceux ci deviennent de mieux en mieux les maitres de leur parti. A son 28e Congrès, le Parti communiste décide de tirer toutes les implications de ces évolutions. Il appelle tous ceux qui ont été membres du Parti communiste français ou qui se considèrent communistes de coeur à prendre ou à reprendre leur place au sein du PCF pour contribuer à son activité et à son renouvellement. Parce qu'il considère que c'est dans la démocratie, c'est a dire l'intervention consciente du peuple, de chaque individu, que réside la solution aux problèmes posés, il adopte des regles de vie entièrement conçues pour libérer les capacités d'initiative et de créativité des communistes, pour dépasser la coupure omnipresente dans notre société entre ceux qui décident et ceux qui exécutent, dirigeants et dirigés. » [5]

Notes et références

  1. http://www.marxists.org/archive/lenin/works/1906/rucong/viii.htm%7Ctitle=Report on the Unity Congress of the R.S.D.L.P.|accessdate=2008-08-09
  2. http://www.marxists.org/archive/trotsky/works/1904/1904-pt/%7Ctitle=Our Political Tasks|author=Leon Trotsky|year=1904|accessdate=2008-08-09
  3. L. Onikov et N. Chichline, Petit dictionnaire politique, Editions du Progrès, Moscou,1980, 1982 pour la traduction française, p. 50
  4. Le centralisme démocratique doit aujourd’hui être abandonné car c’est la condition nécessaire pour développer la capacité d’ouverture des communistes sur le fond, vers les cellules
  5. [1] Extraits du document « Le Manifeste » au 28ème congrès de 1994

Liens externes