Communisme

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Modèle:Marxisme Au niveau théorique, le communisme est une conception de société sans classe, une organisation sociale sans État, fondée sur la possession commune des moyens de production et qui peut être classée comme une branche du socialisme ou plutôt « comme but »[1] du socialisme.

Au niveau politique, le communisme désigne une variété de mouvements qui affirment chercher à établir à terme une telle société. Parmi les communistes, on trouve une considérable variété d'interprétations, principalement portées par les courants marxistes, mais aussi anarchistes et chrétiens. La première division s'est opérée entre anarchisme et marxisme au sein de la Première Internationale. Néanmoins, les courants communistes qui se sont le plus distingués par leur influence sur l'ordre politique mondial depuis le début du XXe siècle sont d'influence marxiste, directement (Manifeste du Parti communiste) ou indirectement (léninisme). La lutte des classes joue un rôle central dans la théorie marxiste (et également dans d'autres tendances communistes). L'établissement du communisme correspond dans cette théorie à la fin de toute lutte des classes, la division des êtres humains en classes sociales ayant disparu.

Karl Marx, défendant la nécessité de l'autonomie du mouvement ouvrier et de l'internationalisme, soutenait que la société ne pouvait d'un coup être transformée depuis le mode de production capitaliste vers le mode de production communiste. Elle nécessitait une période de transition que Marx a parfois décrit comme la période révolutionnaire de dictature du prolétariat. Dans le Manifeste du Parti communiste, il définit le communisme comme « une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous[2] ». La société communiste imaginée par Marx, émergeant d'un capitalisme largement développé, n’a jamais été établie, et demeure théorique.

Au niveau historique, le mot « communisme » est souvent utilisé pour désigner les régimes politiques et économiques gouvernés par des partis se réclamant du communisme. Certains de ces régimes se revendiquaient comme des « dictatures du prolétariat ».

La notion de communisme est très controversée et désigne souvent des réalités différentes selon les personnes qui l’utilisent. Le concept de communisme est l'objet d'un débat sémantique, selon deux axes qui interfèrent :

  • divergence « interne », entre communistes revendiqués (qui peuvent s'opposer politiquement et théoriquement), divers courants s'attribuent le terme parfois à l'exclusion des autres ;
  • divergence « externe », entre anti-communistes et communistes : les premiers rendent responsable l'idéologie communiste des désastres environnementaux, humains et sociaux ou des crimes de masse commis ou provoqués par les régimes communistes. Les seconds répondent qu'ils n'étaient pas liés à l'idéologie communiste et considèrent que ces États n'étaient pas communistes; pour eux, le communisme reste un projet de société qui n'a jamais été réalisé. Ils mettent ces crimes et désastres écologiques sur le fait du totalitarisme, du productivisme ou bien encore pour une partie d'entre eux sur le stalinisme et ses dérivés.

Étymologie

Le terme communisme vient du terme latin commūnis, ce qui est commun à un groupe, auquel s'adjoint le suffixe « -isme » désignant une doctrine. La commune serait également un des termes définissant le cadre du groupe (de ce qui lui serait commun) dans lequel se définit le communisme (notamment voir les Bêcheux).

Les usages du terme

Divers usages existent autour du terme « communisme ». Ainsi, il est nécessaire de reprendre l'historique du mot et de séparer les différents courants ainsi que les différents concepts utilisés.

Qu'est ce que le communisme ?

En 1845, dans L'idéologie allemande, pour Marx et Engels, « le communisme n'est pas un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. » Ils appellent « communisme le mouvement réel qui abolit l'état actuel des choses. Les conditions de ce mouvement résultent des données préalables telles qu’elles existent actuellement. »[3]

En 1847, Friedrich Engels définit ce mouvement réel dans les « Principes du communisme ». Ainsi, « le communisme est l'enseignement des conditions de la libération du prolétariat. »[4].

Communisme et marxisme

Le communisme est assez souvent assimilé au mouvement marxiste.

On désigne parmi les premiers « marxistes » les Guesdistes comme Jules Guesde et Paul Lafargue qui ne se sont jamais d'ailleurs revendiqués comme marxistes ; contrairement et probablement aux Broussistes[5] et « autres amis de ce genre » dont Marx a dit : « je ne suis pas marxiste. ».

Ce n'est que sa composante principale, voire avec le collectivisme politique et/ou économique.

Les marxistes se posent donc en « double qualité de communiste – comme but – et de collectiviste – comme moyen – »[6]

Communisme et collectivisme

Dans son sens ancien, le communisme prescrivait la mise en commun de tous les biens. C'est par « collectivisme » qu'on désignait les doctrines de mise en commun des seuls moyens de production.

Quelques années après la répression de la commune de Paris en 1871, et jusqu'en 1917, les marxistes étaient désignés comme « collectivistes » et la majorité des anarchistes comme « communistes », du fait que le premier courant voulait utiliser un État dirigé par les travailleurs et la collectivisation comme outil de transition, au contraire du second qui voulait utiliser directement des moyens libres et autonomes pour atteindre le but recherché.

Communisme et régimes de type soviétique

Les régimes politiques qui étaient en place dans l'Union soviétique et dans le « bloc communiste » sont communément désignés aujourd'hui sous le nom de « régimes communistes ». En URSS, on désigne du nom de « communiste » les membres du parti et seulement eux[7]. La qualification « communiste » de ces régimes est contestée principalement par des communistes ou sympathisants. Des marxistes et des anarchistes, ont analysé dès leur apparition ces pays comme des régimes « capitalistes d'État ». Les trotskystes estiment qu'il s'agit d'une monstrueuse dégénérescence d'un « État ouvrier » issu de la Révolution russe. La majorité des communistes (staliniens) reconnurent longtemps ces régimes comme découlant de leurs idées. Les adversaires du communisme considèrent que la nature autoritaire ou totalitaire de ces régimes découle logiquement de l'idéologie communiste.

Les dirigeants de ces pays les déclaraient « socialistes ». Ce terme fut le plus communément utilisé dans ces pays, où était pratiquée une planification économique. Le « socialisme » fut défini par des théoriciens léninistes comme l'étape préliminaire et nécessaire vers le communisme, la société idéale sans classes ni propriété. Ce régime fut appelé aussi au départ la dictature du prolétariat, terme abandonné vers 1936 pour le « socialisme triomphant » et ensuite, vers les années 1970, le « socialisme développé ».

Une société communiste se définit au plan théorique comme une société sans classes, sans salariat et sans État. L'URSS, ses républiques composites et satellites et tous les pays socialistes n’ont jamais réalisé l'idéal communiste, même selon les théories staliniennes : ils se disaient « en route vers » le communisme.

Les idées du communisme

La théorie économique et sociale

Sur le plan de l'organisation sociale et économique, le mot communisme conjecture l'organisation d'une société :

  • où, selon le principe « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins », les rapports économiques ne sont pas réglés par un principe d'échange intéressé de marchandises, mais collectivement organisés en vue de satisfaire les besoins. Le flux de biens n'a pas besoin d'être réciproque, il est donc basé sur la gratuité. Il n'y a ni commerce, ni argent, ni tout autre rapport marchand (chacun ayant tous ses besoins couvert par le mode de production communiste, il n'y a plus d'« échange » à proprement parler). La propriété privée est, sinon abolie, du moins très limitée, de sorte que la notion de « don » perd également de sa pertinence.
  • Où les moyens de production (usines, terres agricoles, fermes d'élevage, moyens de transport, distribution, etc.) sont mis en commun, avec comme but de répondre aux besoins de chacun, et gérés par la population travailleuse elle-même. Ainsi, les « gaspillages » dus à la concurrence et au « contrôle d'une minorité sur la production » disparaîtraient.
  • Sans division en classes sociales et sans État (sans force de coercition au service d'une classe). Le communisme admet que tous ne sont pas aussi productifs pour tout, et qu'il doit attendre une production « de chacun selon ses capacités », mais il considère que chacun peut généralement à son gré se livrer aux occupations de son choix, qu'on peut abolir la division sociale du travail sans mettre en péril la production et donc la disponibilité des biens (vision qu'on retrouve dans la théorie, plus récente, de la société post-industrielle évoquée par Herman Kahn), et supprimer toute force coercitive, comme la police ou l'armée, et plus généralement fonctionner sans État. Il admet que certaines tâches et fonctions sont plus désagréables ou agréables que d'autres, et compte sur la démocratie directe pour juguler les conflits, notamment ceux relatifs à la production.

Des difficultés théoriques et pratiques se posent pour l'instauration du communisme :

  • côté théorique, il faut définir les « besoins » vers lesquels il faut orienter l'appareil de production. Tout le monde n'a pas les mêmes priorités. La réalisation du principe « de chacun selon ses besoins » implique que chaque individu définisse ses propres besoins, et non un système ou un appareil qui le fasse à sa place ; une solution serait d'organiser le recensement des besoins des individus au niveau communal ou des conseils ouvriers, pour conséquemment produire le nécessaire afin de répondre à ces besoins recensés, mais cela suppose une décentralisation du pouvoir décisionnel. On rétablit ainsi une sorte de loi de l'offre et de la demande puisque quoi qu'il advienne, si la société ne produit pas « naturellement » les besoins recensés, on lui demandera un effort de production. Mais si on les recense c'est que les besoins ne sont pas évidents, et sont donc nouveaux, l'État devient alors une sorte d'intermédiaire.
  • Également au niveau théorique, le recours à la planification part du présupposé que l'organisation de la production selon des bases rationnelles par des autorités planificatrices serait plus efficace que le recours au marché. Ce point est remis en cause à un double niveau par plusieurs auteurs : Pour Friedrich Hayek dans La Route de la servitude (1944), en supposant la possibilité de la planification de l'économie, celle-ci requiert le contrôle total des ressources et débouche forcément sur le totalitarisme. Pour Michael Polanyi dans La Logique de la liberté, la planification est « impossible » car les économies actuelles sont trop complexes pour être gérées centralement. À l'ordre monocentrique des économies planifiées, il oppose la polycentricité des économies de marché, dans lesquelles les décisions sont décentralisées et où beaucoup plus d'information peut être utilisée pour prendre les bonnes décisions. Les résultats comparés de la planification et des économies de marché semblent confirmer l'avantage de ces dernières.
  • Côté pratique, comment éliminer le risque de voir un groupe s'auto-définir comme « l'avant-garde du prolétariat » et se constituer en classe privilégiée centralisant tous les pouvoirs ?

En URSS, les individus parvenant à maîtriser le système politique chargé de gérer l'appareil de production ont formé spontanément ce que Léon Trotski a appelé la "bureaucratie", et Mikhaïl Voslenski la "nomenklatura". Poursuivant des fins propres (intérêt personnel et/ou intérêt de classe) et non l'intérêt général, ce groupe a utilisé le régime à son profit. Pour prévenir de tels dangers (que les léninistes estiment présents surtout peu de temps après l'instauration de « l'État ouvrier ») il faudrait un contrôle de l'ensemble de la population sur les différents responsables, à tous les niveaux, et leur révocabilité (c'était la revendication des ouvriers et soldats des années 1920 en Russie soviétique : « Tout le pouvoir aux Soviets ! »).

Les moyens politiques

Le passage d'une société non communiste à une société communiste constitue un moment délicat : les moyens divergent selon les tendances existantes au sein du mouvement communiste, néanmoins la période révolutionnaire (avec toutes les conséquences d'une révolution) est une base commune, même si les moyens pour la réaliser ne le sont pas.

Dans la théorie marxiste, le communisme est l'aboutissement ultime de l'évolution des sociétés humaines de la commune primitive à l'esclavagisme, de l'esclavagisme au féodalisme, du féodalisme au capitalisme, du capitalisme au socialisme par la révolution, et du socialisme (qui n'a pas fini de s'affranchir de toutes les traces du capitalisme ni la propriété privée de biens meubles ou immeubles familiaux) au communisme (où il n'y a plus ni propriété privée, ni classes). Celui-ci ne pourrait alors en fin de processus qu'embrasser l'humanité entière.

Des expériences, notamment en Espagne en 1936 dans une période révolutionnaire, dans des collectivités (il existera aux alentours de 3000 collectivités dans toute l'Espagne) aragonaises ou catalanes (et dans d'autres régions), ont effectué des réalisations partiellement communistes (en laissant, et de manières diverses selon la situation de chaque collectivité, aux petits propriétaires, lorsque cela ne gênait en rien les moyens de réaliser la subsistance des collectivités, la liberté de garder leurs biens ou de s'associer ou non aux collectivités).

Par ailleurs, dans les pays à régime dit « marxiste-léniniste » d'inspiration soviétique, l'étape dite « révolutionnaire » a donné naissance à des républiques dites « populaires » ou « démocraties populaires », l'évolution ultérieure, après « liquidation des classes exploiteuses » devant aboutir à des « républiques socialistes » (certains de ces états estimèrent y être parvenus), et finalement à une seule « république communiste » mondiale. Les intitulés officiels de ces États étaient censés refléter l'état d'avancement de leurs sociétés vers l'objectif communiste. Les appellations de courtoisie officielles reflétaient elles aussi la situation de chaque interlocuteur par rapport à cet objectif : quiconque était censé le poursuivre était un « camarade » ; quiconque y consentait passivement était un « citoyen » ; quiconque ne le poursuivait pas était un « monsieur » ou une « madame » (interlocuteurs étrangers issus des pays non-communistes) et quiconque s'y opposait était un « ennemi de classe » ou « du peuple ».

C'est sur la façon d'organiser ce passage progressif à une société communiste que les courants se séparent en plusieurs approches :

  • Le léninisme (incluant le trotskisme), partant de l'idée de Karl Marx que l'État est une machine au service de la classe dominante, conçoit le passage de la société capitaliste à la société communiste comme la destruction de l'appareil d'État de la bourgeoisie dans une révolution mobilisant de larges couches de la population et emmenée par la classe ouvrière, et de la construction d'un État ouvrier, au service de la majorité de la population. Cet État doit s'approprier les grands moyens de production et organiser l'activité économique en vue de la satisfaction des besoins de la population. Cette période historique, appelée dictature du prolétariat, doit être, selon le mot de Lénine, « un million de fois plus démocratique que n'importe quelle démocratie bourgeoise[8] ». Cette période de transition doit conduire à la constitution d'une société sans classes, dans laquelle l'État sera amené à disparaître, à « s'éteindre » (Engels), afin de conduire au communisme.
  • Le réformisme (Eduard Bernstein) s'est développé au sein du mouvement ouvrier avec la croissance et les succès des premiers grands partis ouvriers, à la fin du Modèle:S-. Les réformistes suggéraient la possibilité d'un passage à une société communiste sans recourir à une confrontation violente, par l'acquisition de positions institutionnelles et les nationalisations de pans vitaux de l'économie (transports, énergie…). Ce réformisme n'a rien à voir avec l'acception actuelle du mot, qui qualifie aujourd'hui des courants visant à « améliorer » le capitalisme, et non à le supprimer.
  • L'approche anti-étatique (anarchistes et minorité des marxistes), utilisant les moyens autogestionnaires et révolutionnaires d'appropriation des moyens de production refusant immédiatement la division en classe sociale de gestionnaires/gérés, et réalisant le communisme par les moyens utilisés, sans attendre une transition.
  • D'autres courants, comme les maoïstes, envisagent la prise du pouvoir comme résultant d'une guerre populaire prolongée.

Selon Marx, la Commune de Paris, malgré toutes les imperfections qu'elle comportait, a été l'expérience historique la plus proche du communisme, par la mise en place d'un début de démocratie véritable[9].

Des anarchistes appelleront les associations de travailleurs à se fédérer de manière autonome. Errico Malatesta développe dans le gradualisme révolutionnaire la nécessité de l'autonomie du mouvement ouvrier, afin d'éviter toute avant-garde éclairée, ou de futurs gouvernements « ouvriers ». L'entraide (pour réaliser les moyens à l'émancipation sociale) et la lutte révolutionnaire directe (pour se libérer de l'exploiteur et de ses soutiens) afin de mener à des conditions favorables à la réalisation du communisme. Le communisme est considéré par les anarchistes, selon la situation, comme une économie réalisable aussitôt la révolution entreprise ; des auteurs comme Pierre Kropotkine exposeront des possibilités d'économies communistes, dont la prise au tas, organisée de manière communale.

Les idées connexes du communisme

On doit également citer des valeurs ou idées inventées ou reprises à son compte par le communisme :

Histoire : le communisme dans l'histoire

Le mot communisme désigne une idée mais aussi des mouvements politiques, divers et contradictoires, qui militent pour l'avènement d'une société sans classe sociale, sans salariat, sans propriété privée de moyens de production, sans État et sans capitalisme. L'objectif proclamé est la liberté et l'égalité de l'homme.

On trouve parmi les mouvements politiques qui se revendiquent du communisme aussi bien des anarchistes que des marxistes ou des mouvements de lutte ouvrière.

Les régimes s'étant déclarés « socialistes » ou « en route vers le communisme » : l'Union soviétique, les pays auto-désignés comme "démocraties populaires" d'Europe centrale et orientale, la RDA, la Chine, Cuba, le Cambodge, le Vietnam, l'Afghanistan, l'Angola, la Corée du Nord se revendiquaient du « marxisme-léninisme », courant qualifié par les autres communistes de Stalinisme, y compris après la « déstalinisation » de 1956 (qui n'a concerné ni la Chine de Mao, ni la Corée du Nord, ni l'Albanie). Ces États se sont livrés au bâillonnement de l'opposition, pouvant aller jusqu'à l'élimination physique, à un contrôle pratiquement absolu de la société et à la destruction de toute liberté d'expression. Toutefois, à plusieurs reprises, il y a eu dans ces régimes des dirigeants qui tentèrent de réaliser un "socialisme à visage humain" dans le but de s'approcher de l'idéal communiste par la démocratie et en répondant aux aspirations des peuples : ce fut par exemple le cas de d'Imre Nagy en Hongrie, d'Alexandre Dubcek en Tchécoslovaquie ou de Mikhaïl Gorbatchev en URSS. Tous échouèrent, « pris entre l'enclume stalinienne et le marteau capitaliste » selon l'expression de Dubcek en 1989.

Les différentes formes de communisme

Le mouvement politique anticapitaliste naît dans les années 1840. Porté par une classe ouvrière démographiquement croissante et pauvre, il se développe plus tard au sein de l'AIT, dont il est l'un des principaux courants. Au lendemain de la défaite de la Commune de Paris en 1871, c'est la scission entre marxistes et anarchistes autour de la question de la méthode pour éliminer la propriété individuelle caractéristique du capitalisme : les marxistes estiment nécessaire une période de transition avec collectivisation des propriétés, sous le contrôle d'État « socialiste » devant dépérir progressivement ; alors que les anarchistes prônent une abolition directe de la propriété, tout en organisant la fédération économique des moyens de production et de consommation. Le mouvement communiste est donc composé à l'origine de deux branches politiques principales : anarchistes communistes et marxistes.

Sur les différents mouvements historiques et/ou politiques ayant appliqué le communisme ou s'étant référencés au communisme (en tant que théorie économique et sociale), et proposant différents moyens (République, étatisme, fédéralisme, préceptes de la Bible, conseillisme, communalisme, syndicalisme, révolutions, spontanéisme, etc.), plus ou moins complémentaires, pour réaliser ce communisme :

Les sociétés présentant des caractéristiques communistes

  • Le communisme primitif est une société primitive qui aurait existé dans la période préhistorique (toutefois, cette idée est mise en doute par des anthropologues).
  • Certaines sociétés ayant un environnement hostile qui impose de fait une société d'entraide (Inuits, tribus amérindiennes).
  • Dans la Russie tsariste, la terre appartenait généralement collectivement à la commune (le village) et elle était redistribuée périodiquement aux familles en fonction de leur taille[10]. C'est exactement le système ayant eu cours pendant la période soviétique pour la redistribution d'appartements (appartenant collectivement à la nation et affectés aux familles selon leurs tailles).
  • Les premières communautés chrétiennes auraient fonctionné sur un mode communiste (ce dernier point étant contesté par d'autres chrétiens). Des chrétiens interprètent des passages bibliques comme une indication d'idéal communiste (le partage des biens). Au Moyen Âge, des communautés chrétiennes liées par un idéal religieux mettront leurs biens en commun. Les kibboutzim sont également proches du communisme (collectivisme lié au réseau marchand du reste d'Israël mais avec mise en commun des moyens de production d'ailleurs souvent basés à l'identique sur la structure des sovkhozes soviétiques).
  • Des collectivités (en Catalogne, en Aragon, etc.) lors de la révolution espagnole réaliseront, selon des anarchistes et des marxistes notamment conseillistes, pour certaines d'entre elles un début de communisme libertaire.

La famille est, selon certains communistes chrétiens, un groupement ayant des aspects communistes (bien qu'une majorité des communistes refusent la famille comme réalité communiste, du fait entre autres de l'héritage).

Critiques du communisme

Les critiques du communisme visent à la fois les fondements théoriques du communisme et les politiques menées dans les faits par les régimes communistes.

Lors d'un séjours à la Prison Sainte-Pélagie le 10 août 1883, Jules Guesde en réponse à la vision caricaturale de l'économiste libéral Paul Leroy-Beaulieu envers le socialisme sort trois brochures, le Collectivisme au Collège de France dans lequel il réédite des articles de son journal L'Égalité datant de 1881 et 1882. Ces articles sont regroupés sous le titre ironique de "Leçon à un professeur". Dans son avertissement, il explique pourquoi il ressort ces articles : c'est en effet « à seul fin d'établir que, contre nos conclusions collectivistes ou communistes, il est plus facile de trouver des juges et des géôliers que des argumentations ».[11]

  • Critique sur la révolution

Sur les fondements théoriques, il est reproché au communisme de prôner la « révolution ouverte » ou le « renversement violent »[12] de la société par la révolution et de mettre en place une société fondée sur la contrainte, bien que pour les hommes et femmes de la société, ils existent déjà des contraintes.

  • Critique sur la propriété

Ainsi, Yves Guyot qualifie-t-il le collectivisme de « tyrannique »[13] en 1893 tandis que le communisme en rejetant la propriété privée s'oppose à la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression. » Max Stirner, un des fondateurs de l'anarcho-individualisme, écrivait ainsi qu'« en abolissant la propriété personnelle, le communisme ne fait que me rejeter plus profondément sous la dépendance d'autrui, autrui s'appelant désormais la généralité ou la communauté »[14].

  • Critique libérale

Les économistes libéraux Ludwig von Mises et Friedrich Hayek ont également développé une critique du communisme en tant qu'économie planifiée, estimant que une « économie communiste » ne pouvait pas exister, en particulier à cause du rejet du mécanisme des prix et de la loi de l'offre et de la demande. Mises écrivit ainsi dans Socialisme en 1922 : « Du fait de la destruction du système des prix, le paradoxe de la « planification » tient à ce qu'il est impossible d'y faire un plan, faute de calcul économique. Ce que l'on dénomme économie planifiée n'est pas une économie du tout. C'est tout juste un système de tâtonnements dans le noir. » L'économiste hongrois János Kornai poursuivit la critique économique du communisme et de l'économie planifiée, condamnée à être une « économie de la pénurie » selon lui, non à cause de défauts temporaires mais à cause des problèmes fondamentaux de la théorie.

  • Critiques des régimes dit communistes
    • Critique de faits extraordinaires

Le communisme est critiqué pour les conséquences humaines, économiques, politiques ou environnementales entrainées par les régimes communistes. Un collectif d'historiens s'est livré à un recensement des victimes des régimes marxistes-léninistes dans Le Livre noir du communisme et Stéphane Courtois qui en dirigea les travaux écrit dans la préface que « [l]e total approche la barre des cent millions de morts. »[15] (chiffre contesté par plusieurs historiens dont une partie des co-auteurs de l'ouvrage). Sont également critiquées les conséquences économiques avec la moindre progression de la prospérité des peuples sous un régime communiste, en particulier à partir de la comparaison entre RDA et RFA ou Corée du Nord et Corée du Sud. Par ailleurs, la remise en cause des libertés fondamentales et le culte de la personnalité des dirigeants ont été soulignés.

Enfin, les conséquences environnementales comme l'assèchement de la mer d'Aral à la suite des décisions prises par le gouvernement soviétique ont pu être soulignées par certains auteurs.

    • Critiques des faits aux quotidiens : les phénomènes communalistes

cf les œuvres d'Alexandre Zinoviev.

L'originalité de Alexandre Zinoviev est « d'avoir observé la réalité soviétique, d'avoir perçu comment le communiste idéaliste était vaincu par le communisme réel et d'en avoir conclu que la société soviétique excluait tout possibilité de créer le communisme idéal » (in Les confessions d'un homme en trop).

Bien que les phénomènes communalistes selon Alexandre Zinoviev soient visibles dans toutes les sociétés aussi bien communistes et qu'occidentalistes, c'est en Union Soviétiques et probablement dans tous les pays avec un système social communiste (communiste réel) que ces phénomènes suivant les lois sociales et de la nature humaine jaillissent aux quotidiens dans la vie de millions de gens d'une façon extrême et poussée à outrance.

Le stalinisme historique (ou simplement stalinisme) est la forme sous laquelle la société communiste s'est créé en Union Soviétique sous l'impulsion de Staline, de ces lieutenants et de tous ceux qui exécutaient leurs volontés et agissaient conformément à leurs idées et directives (ces derniers peuvent être qualifiés de « staliniens historiques ». La société communiste n'est pas le produit de la volonté d'un homme. Elle surgi en obéissant à des lois sociales objectives, qui se sont révélées à travers l'activité de certains individus, de sorte qu'elles ont prise porte la marque de Staline et des staliniens[16]

Contrairement à une opinion répandue, la société communiste ne s’est pas formée sur la base d’un projet marxiste, mais en fonction de lois régissant l’organisation des masses humaines en une communauté unique.[17]

Adage communiste

Son origine

« De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » est l'adage de groupes politiques ou encore certains syndicats comme la CGT qui l'ont inclut dans la Charte d'Amiens depuis 1912. Il provient de La critique du programme socialiste allemand de Gotha de 1875, écrite par Karl Marx.

La formule exacte est « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins !  »[18] entre guillemets[19]. D'après cette critique, elle doit-être portée ou pourrait-être portée « dans une phase supérieure de la société communiste.[20] » une fois le communisme achevé. Et, Selon Lénine, dans L'État et la Révolution de 1917, « L'État pourra s'éteindre complètement quand la société aura réalisé le principe »[21].

Cependant, Lénine pose le problème de « Par quelles étapes, par quelles mesures pratiques l'humanité s'acheminera-t-elle vers ce but suprême, nous ne le savons ni ne pouvons le savoir. »[22]

En, 1936, Léon Trotsky va s'en servir comme levier contre le constitution soviétique et plus particulièrement contre le premier titre, «  dit De la structure sociale en URSS, qui se termine par ces mots : "Le principe du socialisme : De chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail, est appliqué en URSS" ». [23]. Staline aurait, donc, trouvé une solution à la réalisation concrète de l'adage par « De chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail ». Pour Trotsky, ce système mise en place est La Révolution trahie et « À tous ces égards, l'État soviétique est bien plus prés du capitalisme arriéré que du communisme. »[24].

Critique communiste

Jules Guesde

En 1882, pour Jules Guesde, « de chacun selon ses forces, à chacun selon ses besoins » est un « vieux cliché – prétendu communiste »[25].

Dans un article de son journal L'Égalité, il y écrit que cet adage a été détourné « en vain » par « un de ces pères » (de l'adage) qu'est Louis Blanc[26]. Or, Louis Blanc est le créateur des Ateliers nationaux, bien qu'il prônait pour la créations des ateliers sociaux. Ces idées associatives sous l'égide de l'Église ont été dépassées par les idées de Karl Marx et de Proudhon[27]. C'est de Louis Blanc selon l'article, que l'adage a été repris à leur compte par certains socialistes du Parti ouvrier français[28]. Cependant, aujourd'hui, on pense que ces partisans l'aurait reprise de la Gloses marginales au programme du Parti Ouvrier allemand datant de 1875, mais d'une façon changée.

La formule collectiviste qu'il faut employer pour Jules Guesde est : « De chacun selon les nécessités de la production, à chacun selon son temps de travail. »[29]. Certains du parti ouvrier de son époque l'opposent donc à leur formule, selon Guesde, "associative" : « de chacun selon ses forces, à chacun selon ses besoins ».

Pour Jules Guesde : « ce n'est donc pas les intentions qu'il incrimine. Il ne l 'en prends comme toujours –qu'à la conclusion, qui n'est pas seulement fausse, mais pleine de péril. »[30]. Et « Quant à la société communiste, qui ne deviendra une réalité vivante ... et qui sortira de l'ordre collectiviste avec des producteurs ou des hommes transformés par les conditions nouvelles du travail, elle n'aura pas d'autre devise que celle inscrite par Rabelais à la porte de son abbaye de Thélème : fais ce que vouldras. »[31]

Alexandre Zinoviev

D'après ce que rapporte Alexandre Zinoviev[32] dans Les Confessions d'un homme en trop, cet adage ou une parti de celle-ci, « à chacun selon ces besoins » est souvent discuté à son école de Moscou des années 30. En effet, puisque le communisme (dit le communisme réel par Zinoviev) a été réalisé pleinement dans la vision politique russe, l'étape suivante est d'aller vers « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ! » ou plutôt vers sa forme soviétique.

Dans les années 1930, des questions d'Alexandre Zinoviev, à 12 ou 13 ans telle que « Fallait-il entendre par là n'importe quel besoin ou bien seulement les besoins minimaux? Comment les besoins seraient-ils définis, qui les fixerait et qui contrôlerait leur satisfaction?  »[33] étaient en effet trop déroutantes et gênantes aux adultes dans cette ambiance que le système a construit.

Ainsi, Zinoviev ayant vécu dans l'atmosphère en cette Russie de l'époque, rapporte que certaines questions et problèmes ne doivent pas être mis en évidence puisque le communisme réel en URSS est supposé parfait et donc non sujette à la critique ou aux soulèvements. Et, mêmes si les élèves apprennent les histoires des révoltes et révolutions de l'histoire de l'humanité, il faut être esclave pour avoir l'honneur de se soulever. Cependant, dans un monde martelé de perfection, on ne le doit pas, sinon sans être pris, dans ce cas, pour un contre-révolutionnaire ou un renégat. De ce fait et entre-autre, ce communisme réel va à l'encontre du communisme idéal.[34]. Ainsi, Zinoviev adulte, remarque que « dans le collectivisme soviétique réel, le principe "à chacun selon son travail" était violé plus souvent qu'il n'était observé »[35]

Conclusion à l'adage communiste

A travers l'histoire de Jules Guesde en 1885 et dans les années 1930 par le témoignage de Alexandre Zinoviev, l'expression qui au départ a été définie selon des valeurs du communisme par Karl Marx peut-être détournée dans sa forme, sa signification et son application.

En effet, « Marx usait, pour définir la société communiste, de la formule célèbre: "De chacun selon ses forces[36], à chacun selon ses besoins." Les deux propositions sont indissolublement liées. "De chacun selon ses forces", cela signifie, dans l'interprétation communiste et non capitaliste, que le travail a cessé d'être une corvée, pour devenir un besoin de l'individu ; que la société n'a plus à recourir à la contrainte; que les malades et les anormaux peuvent seuls se dérober au travail. Travaillant selon leurs forces, c'est-à-dire selon leurs moyens physiques et psychiques, sans se faire violence, les membres de la communauté, bénéficiant d'une haute technique, rempliront suffisamment les magasins de la société pour que chacun puisse y puiser largement "selon ses besoins" sans contrôle humiliant. La formule du communisme, bipartite mais indivisible, suppose donc l'abondance, l'égalité, l'épanouissement de la personnalité et une discipline très élevée.  »[37]

Notes et références

  1. Jules Guesde, « Une formule prétendue communiste », L'Égalité, 1882.
  2. Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du Parti communiste, chapitre 2 : « Prolétaires et communistes ».
  3. Karl Marx et Friedrich Engels, L'Idéologie allemande, éd. La Pléiade, Œuvres, 1845, t. 3, p. 1067
  4. Engels, « Principes du communisme », in Qu'est ce que le communisme ?, 1847.
  5. cf l'article sur le marxisme, « je ne suis pas marxiste »
  6. Jules Guesde, « Une formule prétendue communiste », L'Égalité, 1882.
  7. note de Galia Ackerman et Pierre Lorrain in A. Zinoviev, Les confessions d'un homme en trop, éd folio actuel, p158
  8. Lénine, « Démocratie bourgeoise et démocratie prolétarienne », dans La Révolution prolétarienne et le renégat Kautsky, 1918.
  9. Karl Marx, La Guerre civile en France, 1871.
  10. Voir Anatole Leroy-Beaulieu, L'Empire des Tsars et les Russes, et références citées.
  11. Claude Willard, Jules Guesde, lapôtre et la loi, éditions Ouvrières, Coll La part des homme, 1991, p47
  12. Karl Marx et Friedrich Engels, Le Manifeste du parti communiste, I. Bourgeois et prolétaires
  13. Yves Guyot, La Tyrannie collectiviste, 1893. On peut également se référer aux Principes de 1789 et le socialisme
  14. Max Stirner, L'Unique et sa propriété
  15. Stéphane Courtois, Le Livre noir du communisme, p.8.
  16. A. Zinoviev, Les Confessions d'un homme en trop", éd Folio, p.337
  17. Fabrice Fassio, introduction zinovievienne du socialisme, site zinoviev.ru
  18. Karl Marx, les Gloses marginales au programme du Parti Ouvrier, 1875
  19. formule peut-être pas de Marx mais un vœux du peuple ?)).
  20. Karl Marx, la Gloses marginales au programme du Parti Ouvrier, 1875
  21. Lénine, L'État et la Révolution (1917), éd. de Pékin, 1978, Chapitre V. Les bases économiques de l'extinction de l'État, p. 120.
  22. Lénine L'état et la révolution, 1917
  23. Léon Trotsky, La Révolution trahie, 1936
  24. Léon Trotsky, La Révolution trahie, 1936
  25. Jules Guesde Une formule prétendue communiste, L'Égalité, 14 mai 1882.
  26. A ne pas confondre avec le mouvement blanquiste d'Auguste Blanqui
  27. cf Louis Blanc, La fermeture des " Ateliers nationaux ", l'exil et le rôle politique à son retour
  28. parti créé par Guesdes qui se veut marxiste
  29. Jules, Guesde Une formule prétendue communiste, L'Égalité, 14 mai 1882
  30. Jules Guesde, Une formule prétendue communiste, L'Égalité, 14 mai 1882
  31. Jules Guesde, Une formule prétendue communiste, L'Égalité, 14 mai 1882
  32. L'originalité de Alexandre Zinoviev est en effet « d'avoir observé la réalité soviétique, d'avoir perçu comment le communiste idéaliste était vaincu par le communisme réel et d'en avoir conclu que la société soviétique excluait tout possibilité de créer le communisme idéal » (in Les Confessions d'un homme en trop)
  33. Alexandre Zinoviev, Les Confessions d'un homme en trop, folio actuel, "les problème du communisme", p. 133
  34. Alexandre Zinoviev, Les Confessions d'un homme en trop, Folio actuel, 1991, 695p.
  35. Alexandre Zinoviev, Les Confessions d'un homme en trop, folio actuel, 1991, p. 55.
  36. "de ces capacité" dans l'adage de 1875
  37. Léon Trotsky, La Révolution trahie, 1936

Voir aussi

Articles connexes

Article synthétique : Les différentes formes de communismes

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