Dialectique

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Enrichir en particulier les développements de la dialectique après les fondateurs du marxisme --Hervé Fuyet 23 mai 2009 à 18:32 (UTC)

Dialectique (du gr. dialektiké - art de discuter).

Définition

Dans une perspective marxiste « orthodoxe », la dialectique est une science qui a pour objet l'étude des lois les plus générales du développement de la nature, de la société et de la pensée.

Aperçu historique

Dans cette perspective, une longue histoire précède la conception scientifique de la Dialectique, et pour aboutir à la notion moderne de celle-ci il a fallu transformer, dépasser le sens primitif de ce terme. Au départ la Dialectique (dialektikê technê) désignait: 1) une méthode de discussion par questions et réponses; 2) l'art de classer les concepts, de diviser les choses en genres et en espèces. La philosophie antique soulignait déjà le caractère changeant de tout ce qui existe, elle concevait la réalité comme un processus et mettait en lumière le rôle que joue dans ce processus le passage de toute propriété en son contraire (Héraclite, en partie les matérialistes de Milet, les Pythagoriciens), sans toutefois utiliser encore le terme de Dialectique dont Aristote attribue l'invention à Zénon d'Elée qui entreprit d'analyser les contradictions que soulevait la tentative de penser les notions de mouvement et de pluralité. Aristote lui-même distingue la Dialectique (science des opinions probables) de 1'« analythique» (science de la démonstration). Platon définit l'être vrai comme toujours identique à lui-même et immuable, mais il n'en défend pas moins des conclusions dialectiques selon lesquelles les genres supérieurs de l’être ne peuvent se concevoir que de telle façon que comme chacun d'eux est et n'est pas, que chacun est égal et n'est pas égal à lui-même, est identique à lui-même et se transforme en son « autre ». D'où les contradictions que l'être porte en soi: il est un et multiple, éternel et passager, immuable et changeant, en repos et en mouvement. La contradiction est une condition nécessaire pour inciter l'âme à la réflexion. C'est en cela que consiste d'après Platon l'art de la Dialectique.

Au Moyen Age, la scolastique donne le nom de Dialectique à la logique formelle qu'elle oppose à la rhétorique. A l'époque de la Renaissance, Nicolas de Cuse et Giordano Bruno avancent l'idée dialectique de la «coÏncidence des contraires ». Dans les temps modernes, Descartes et Spinoza donnent, malgré le règne de la Métaphysique, des modèles de raisonnement dialectique. Au XVIIIe siècle, les idées dialectiques abondent, en France, chez Rousseau et Diderot. Pour le premier les contradictions sont une condition du développement historique; le second étudie en outre les contradictions de la conscience sociale chez ses contemporains. Une étape capitale, dans le développement de la pensée dialectique avant Marx, est celle qu’a marquée l’idéalisme classique allemand qui, à la différence du matérialisme métaphysique, considérait la réalité non seulement comme objet de la connaissance, mais aussi comme objet d’activité. Mais la méconnaissance du fondement matériel, de la connaissance et de l’activité du sujet, explique les limitations des idées dialectiques des idéalistes allemands. Kant, le premier, ouvrit une brèche dans la métaphysique. Il signala l’importance des forces contraires dans les processus physiques et cosmogoniques et, le premier après Descartes, introduisit l’idée du développement dans l’étude de la nature. Au niveau de la théorie de la connaissance, il développe des idées dialectiques dans sa doctrine des « antinomies ». Mais la Dialectique de la raison n’est pour Kant qu’une illusion qui se dissipe dès que la pensée rentre dans les limites assignées par la connaissance des seuls phénomènes. A la suite de Kant, Schelling développa une conception dialectique des processus naturels. La Dialectique idéaliste de Hegel marque le point culminant de la Dialectique d’avant Marx. Dans le système de Hegel « pour la première fois - et c’est son grand mérite - le monde entier de la nature, de l’histoire et de l’ esprit était représenté comme un processus, c’est-à-dire comme étant engagé dans un mouvement, un changement, une transformation constants et où l’on tentait de démontrer l’enchaînement interne de ce mouvement et de cette évolution» [1]. Selon les marxistes « orthodoxes » la Dialectique de Hegel revêt une portée beaucoup plus générale que ce dernier ne le soupçonnait. La théorie hégélienne de la nécessité, selon laquelle tout aboutit à sa négation, comportait un principe appelé à révolutionner et la vie et la pensée, et qui conduit les penseurs les plus avancés à considérer sa dialectique comme l'« algèbre de la révolution» (Herzen).

La dialectique chez Marx et Engels

Mais c’est à Marx et à Engels que l’on doit une conception plus scientifique de la dialectique. Rejetant le contenu idéaliste de la philosophie de Hegel, ils ont fondé leur dialectique sur une conception matérialiste du processus historique et du développement de la connaissance, sur une généralisation des processus réels qui se déroulent dans la nature, la société et la pensée. Une dialectique scientifique associe organiquement les lois du développement de l’être aussi bien que de la connaissance, car l’un et l’autre sont identiques quant à leur contenu et ne diffèrent que par la forme. Aussi la dialectique matérialiste constitue-t-elle une doctrine non seulement « ontologique », mais aussi gnoséologique, une logique qui considère la pensée et la connaissance dans leur devenir, puisque les choses et les phénomènes sont ce qu’ils deviennent en se développant et contiennent en eux-mêmes leur avenir en tant que tendance. A ce titre la dialectique matérialiste voit dans la Théorie de la connaissance également, une histoire systématisée de la connaissance, chaque concept, chaque catégorie, en dépit de son caractère très général, étant marqués au sceau de l’historicité. La contradiction constitue la catégorie essentielle de la dialectique matérialiste. Sa théorie des contradictions révèle la force motrice et la source de tout développement; elle donne la clé de tous les autres principes et catégories du développement dialectique : passage des changements quantitatifs aux changements qualitatifs, rupture de continuité, bonds, négation de la phase initiale du développement et négation de cette même négation, répétition à un degré supérieur de certains traits ou aspects de l'état initial. C'est cette façon de concevoir qui distingue la dialectique de toute sorte de conceptions évolutionnistes vulgaires caractéristiques des théories bourgeoises et réformistes modernes. La dialectique matérialiste est une méthode pour aborder l'étude de la nature et de la société. Selon les marxistes, c'est uniquement à partir de positions dialectiques qu'il devient possible de comprendre la voie complexe, contradictoire, du devenir de la vérité objective, de saisir à chaque étape du développement de la science le rapport entre les éléments de l'absolu et du relatif, du stable et du changeant, le passage d'une forme de généralisation à une autre, plus approfondie. La nature révolutionnaire de la dialectique matérialiste qui ne tolère aucun immobilisme, aucune stagnation, en fait un instrument de la transformation pratique de la société, qui aide à prendre objectivement en compte les besoins historiques du développement social, l'inadéquation des formes anciennes à un contenu nouveau, la nécessité de passer à des formes supérieures contribuant au progrès de l'humanité. La stratégie et la tactique de la lutte pour le communisme sont élaborées en conformité avec la conception dialectique et matérialiste du monde.

Evolution de la dialectique après Marx et Engels

A développer

Notes et références

  1. Friedrich Engels, Anti-Dühring, Editions Sociales, Paris, p.55