Dolores Ibarruri

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Dolores Ibárruri, La Pasionaria (1977)

Dolores Ibárruri Gómez, connue sous le nom de La Pasionaria, était une femme politique espagnole née le 9 décembre 1895 à Gallarta (Biscaye) et décédée le 12 novembre 1989 à Madrid. Elle a été secrétaire général du Parti Communiste Espagnol (PCE) entre 1944 et 1960, présidente de ce parti entre 1960 et 1989.

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Origines

Née dans une famille minière pauvre, elle était la huitième de onze enfants. Elle souhaitait devenir enseignante, mais ne put y parvenir, car ses parents n'avaient pas les moyens de lui payer des études. Très jeune, elle s'impliqua dans les luttes sociales. Elle eut un premier fiancé, très timide: Miguel Echevarria, puis épousa en 1916 Julian Ruiz, mineur et militant politique. Ils eurent six enfants, dont quatre décédèrent avant l'âge adulte.

La période pré-républicaine

Après avoir participé au mouvement de grève générale de 1917, Julian Ruiz fut emprisonné, ce qui rendit très difficile la situation financière de la famille. Dolores se mit à lire les ouvrages de Karl Marx et s'inscrivit au PCE. Elle rédigea des articles pour El Minero Vizcaino, sous le pseudonyme de La Pasionaria, du nom d'une fleur.

En 1920, elle fut élue au Comité Provincial du Parti Communiste Basque (branche basque du PCE). Populaire et respectée, elle fut ensuite élue au Comité Central du PCE.

La IIe République et la Guerre Civile

Après l'avènement de la Seconde République en 1931, elle déménagea à Madrid, où elle devint responsable du journal de gauche, Mundo Obrero. Elle travailla à l'amélioration de la condition féminine. Elle entra au Bureau Politique du Parti. Elle fut arrêtée et emprisonnée plusieurs fois à cause de ses activités politiques. Sa maîtrise du russe lui permit de devenir un des principaux représentants du PCE et elle fut envoyée à Moscou en 1933 comme déléguée auprès du Komintern.

Quand la guerre civile éclata en 1936, elle se dressa pour défendre la république avec le célèbre slogan «¡No pasarán!» ("Ils ne passeront pas"). Ses discours lui rallièrent une grande partie de la population, notamment les femmes, au nom la cause anti-fasciste. Elle participa à plusieurs comités avec des figures telles que Palmiro Togliatti pour défendre la cause républicaine. Elle fut élue vice-présidente des Cortes en 1937. Après trois ans d'affrontements sanglants, le gouvernement républicain accepta la reddition inconditionnelle de l'armée populaire et les hostilités cessèrent le 1er avril 1939 avec l'entrée dans Madrid des forces franquistes.

L'exil

Ibárruri partit en exil en Union Soviétique, où elle continua ses activités politiques. Son seul fils, Rubén, entra dans l'Armée rouge et périt le 25 août 1942 au cours de la bataille de Stalingrad. La distinction de héros de l'Union Soviétique lui sera décernée en 1956 à titre posthume.

En mai 1944 elle devint secrétaire général du PCE et le resta jusqu'en 1960 ; elle en devint alors présidente jusqu'à sa mort. Dans les années 60, elle reçut la nationalité soviétique. Son œuvre politique fut reconnue durant ces années, où elle reçut un doctorat honorifique de l'Université de Moscou. Elle reçut également le Prix Lénine pour la paix en 1964, et l'Ordre de Lénine en 1965. Son autobiographie, ¡No pasarán!, fut publiée en 1966.

Le retour en démocratie

Après la mort de Francisco Franco en 1975, elle retourna en Espagne. Elle fut élue députée aux Cortes en juin 1977, lors des premières élections après la restauration de la démocratie.

Elle mourut de pneumonie à Madrid, à l'âge de 93 ans.

La Pasionaria, un symbole

Certains passages de ses discours, tel que : « Mieux vaut mourir debout que de vivre à genoux » ou son « ¡No pasarán! », sont connus dans le monde entier. Son rôle de symbole populaire en a fait un personnage de poèmes et de chansons pour Pablo Neruda, Rafael Alberti, Ana Belén et quelques autres.

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