Feuerbach

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FEUERBACH Ludwig (1804-1872), philosophe matérialiste et athée allemand. Son athéisme lui valut d'être destitué de l'université d'Erlangen (1830). Il passa les dernières années de sa vie retiré à la campagne. Il était, depuis 1870, membre du parti social-démocrate allemand sans toutefois reconnaître le marxisme. Ses convictions évoluèrent, au cours de sa lutte contre la religion, passant des positions des jeunes-hégéliens au matérialisme.

Sa défense du matérialisme eut une influence énorme sur ses contemporains. Le matérialisme de F. a été le point de départ de la formation de la philosophie marxiste. L'évolution de sa philosophie débuta par une cri tique de la conception hégélienne idéaliste de l'essence de l'homme, qui la réduisait à la conscience de soi . Rejeter ce point de vue impliquait nécessairement rejeter l'idéalisme en tant que tel. Le mérite de F. est d'avoir mis en lumière les liens entre l'idéalisme et la religion. Il critique aussi sévèrement le caractère idéaliste de la dialectique hégélienne. Sa critique de Hegel ouvrait la voie à une mise en valeur du contenu rationnel de la philosophie hégélienne. Mais en réalité F. rejeta purement et simplement la philosophie hégélienne et, pour cette raison, fut incapable d'en apprécier I' acquis principal: la dialectique. La défense du matérialisme constitue le contenu essentiel et le sens de la philosophie feuerbachienne.

Son anthropologisme se traduit par la primauté attribuée au problBme de l'essence de l'homme conçu par lui comme l'objet .« unique, universel et suprême» de la philosophie. Cependant il ne parvient pas à pousser jusqu'au bout de sa logique le point de vue matérialiste sur eette question, puisque l'homme reste pour lui un individu abstrait, un être biologique. Dans sa doetrine de la connaissance, il défendit les thèses de 1'empirisme et du sensualisme , en combattant résolument l'agnosticisme . Toutefois, il ne niait pas le rôle de la pensée dans la connaissanee et tenta de définir l'objet en fonetion de ses rapports avec l'activité du sujet; il émit aussi des hypothèses sur la nature sociale de la connaissance humaine et de la conscience, etc. Mais dans l'ensemble F. n'a pas su surmonter le caractère contemplatif du matérialisme prémarxiste. Cela est dû au fait que son interprétation de l'histoire reposait entièrement sur des positions idéalistes. Sa vision idéaliste des phénomènes sociaux tient à son désir d'appliquer l'anthropologie en tant que science universelle à l'étude de la vie sociale. L'idéalisme de F. se manifeste clairement dans son analyse de la religion et de la morale. Il envisage la religion comme une aliénation des attributs de l'homme: l'homme comme se dédouble et contemple à tra vers Dieu sa propre essence. F. voit la' cause de ce dédoublement dans le sentiment de dépendance qu'éprouve l'homme face aux éléments naturels et à la société. Ses conjectures concernant les racines sociales et historiques de la religion présentent un intérêt particulier. Néanmoins, F. n'a pas réussi à trouver un instrument de lutte efficace contre la religion (il l'a cherché dans la diffusion des lumières), et prêchait même la nécessité d'une religion nouvelle. Faute de comprendre le monde réel où vit l'homme, il fonde les principes de sa morale sur le désir de bonheur inhérent à la nature humaine, qui ne peut se réaliser qu'à condition que chacun limite raisonnablement ses bpsoins et aime son prochain. La morale forgée par F. est abstraite et en dehors de l'histoire, taillée sur la même mesure pour toutes les époques et toutes les nations. On retrouve les idées de l'anthropologisme feuerbaehien interprétées dans un sens manifestement idéaliste chez un certain nombre de philosophes idéalistes contemporains. Ses oeuvres principales: « Critique de la philosophie hégélicnne » (1839), « Essence du christianisme » (1841), « Thèses préliminaires à la réforme de la philosophie» (1842), « Principes de la philosophie de I'avenir » (1843).