Gérard de Bernis

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Gérard Destanne de Bernis, né en 1928, et mort le 24 décembre 2010 est un économiste d'inspiration marxiste et un professeur émérite de l'Université Pierre-Mendès-France à Grenoble.

Éléments biographiques

Gérard De Bernis a été étudiant à la suite de la Seconde Guerre mondiale. Il a été un militant chrétien de gauche et a participé aux mouvements politiques et sociaux qui ont suivi cette guerre. Il a participé à la création de la Mutuelle nationale des étudiants de France puis a été un des cadres dirigeant de la tendance syndicale de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF). Il en sera même brièvement président en 1950. Mais sa sympathie pour les mouvements de libération nationale ainsi que pour le communisme l'écarteront rapidement de ces responsabilités. Par la suite, il deviendra membre du Parti communiste français.

Affiliation théorique

De Bernis a eu comme maître penseur François Perroux. Il restera fortement inspiré de son analyse du pouvoir, de la domination et des asymétries dans l'économie. Ses théories du développement sont fortement inspirée des idées de Perroux et des économistes structuralistes du développement (Gunnar Myrdal, Prebisch, Furtado).

Par ailleurs, De Bernis s'inspirera beaucoup de Karl Marx et des auteurs marxistes pour ce qui est de son analyse du capitalisme, ce qui distendra fortement ses liens avec Perroux.

Contribution à l'analyse économique

Ses deux principales contributions à l'analyse économique sont le développement d'une théorie du développement (années 1950-1960) et la mise en œuvre d'une analyse originale du capitalisme en termes de régulation (années 1970-1990). En économie du développement, De Bernis introduira le concept d'« industrie industrialisante ». L'idée défendue est que certaines industries (lourdes) peuvent jouer un rôle de moteur dans le développement d'une économie. Ce concept s'inspire de l'idée de pôle de croissance défendue par Perroux. Dans une perspective générale, De Bernis va défendre l'idée d'un développement autocentré, c'est-à-dire la mise en place d'un processus de développement interne au pays et non dépendant à l'égard de l'extérieur. Contrairement aux théoriciens de la déconnexion (Samir Amin, André Gunder Frank), De Bernis conçoit le développement avec une ouverture sur l'extérieur. Mais cette ouverture doit être maîtrisée par l'État afin que les industries connaissent leur essor. De Bernis a pu mettre en pratique ses idées à travers l'expérience algérienne. Il a enseigné en Tunisie et il est considéré comme l'un des inspirateurs du programme économique et social de la centrale syndicale tunisienne l'UGTT (1956) dont le secrétaire général à l'époque était Ahmed Ben Salah avec lequel il entretenait des relations d'amitié. Il a été également un des principaux conseillers économiques de l'Algérie à la suite de l'indépendance.

Gérard de Bernis est aussi le fondateur de l'école grenobloise de la régulation. La théorie (économique) de la régulation regroupe plusieurs écoles différentes. Parmi celles-ci, nous pouvons retrouver l'école parisienne (Aglietta, Lipietz et Boyer entre autres) et l'école grenobloise (De Bernis, Borrelly, Gerbier, Vigezzi, Del Forno, Di Ruzza, Calvet, entre autres). Alors que la première rompt avec beaucoup d'hypothèses de l'économie marxiste, la seconde tend à rénover l'analyse marxiste en y ajoutant des correctifs. Entre autres, les apports fondamentaux de cette école sont la prise en compte de l'international (et de ses asymétries) dans la définition des modes de régulation de l'économie capitaliste, ainsi que la mise en place du concept de système productif afin de prendre en compte l'espace dans l'analyse économique.

Notes et références

Notes et références de l'article

Voir aussi

Articles connexes

Liens et documents externes

  • Jean-Claude Delaunay, In memoriam Gérard Destanne de Bernis,[1]
  • B. Gerbier, IN MEMORIAM Gérard Destanne de Bernis, Alger Républicain,25 décembre 2010[2]