Parti communiste français

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Le Parti communiste français (PCF) est un parti politique français de gauche, qui se fixe comme objectif l’émancipation de tous par la maîtrise sociale, le partage des richesses, des connaissances et des pouvoirs. Il a été fondé en décembre 1920 au Congrès de Tours, lors de la scission de la SFIO. L'organe officiel du Parti a longtemps été le journal L'Humanité qui en est désormais structurellement indépendant. Son siège est situé place du Colonel-Fabien à Paris, dans un bâtiment de béton réalisé par le célèbre architecte brésilien Oscar Niemeyer.

Sommaire

Histoire du PCF

Le Congrès de Tours

Le 30 décembre1920, une majorité des militants socialistes de la SFIO réunis en congrès à Tours décident de s'affilier à l’Internationale communiste (également connue sous l’appellation « Komintern »), fondée en 1919 par Lénine à la suite de la Révolution russe. Le Parti communiste français, qu'on appelle alors Section Française de l'Internationale Communiste (SFIC), qui est ainsi créé accepte par conséquent de se soumettre aux conditions explicitement formulées par l'IC. Il s'engage à construire un parti révolutionnaire, qui peut utiliser des moyens légaux, mais qui aussi doit se doter d'un appareil clandestin et ne doit pas exclure l'action illégale. Le parti constitué doit être discipliné, suivant les règles du centralisme démocratique : les minoritaires doivent suivre la ligne décidée majoritairement, et n'ont pas le droit de s'organiser en tendance. Reprochant aux partis de la Deuxième Internationale, dont la SFIO, de laisser aux élus une trop grande marge d'autonomie vis-à-vis de la direction partisane, seule une minorité des élus socialistes rejoint le nouveau parti. Internationaliste, enfin, un parti national, comme le Parti Communiste français (PCF) est d'abord une section de la troisième internationale. Le PC français ne s'appelle pas PCF mais SFIC (Section Française de l'Internationale Communiste). Ces principes de base vont sous-tendre toute la vie du PCF jusqu'à la dissolution officielle de l'IC en 1943, et même bien au-delà.

Les premières années (1921-1933)

Les premières années du jeune parti sont marquées à la fois par de nombreuses exclusions de membres fondateurs du parti (comme Boris Souvarine, Alfred Rosmer, Pierre Monatte, Albert Treint, Ludovic-Oscar Frossard…), par la stalinisation du parti, ainsi que par un activisme militant illustré, par exemple, par des manifestations contre la guerre du Rif, en 1925, et plus généralement par l'antimilitarisme. L'arrestation et l'incarcération de courte durée est très fréquente, tant pour les militants que pour les dirigeants. Dans ces années-là, une grande partie des rares élus à avoir fait le choix du PC en 1920 revient dans le giron de la SFIO. Dans le même temps, on constate l'ascension rapide d'un nouveau personnel dirigeant, plutôt jeune, formé pour l'essentiel dans les écoles de l'Internationale communiste.

Henri Barbé et Pierre Célor, qui accèdent au secrétariat du parti en 1927, sont emblématiques de ce nouveau personnel dirigeant. Suivant les directives du Komintern, ils mènent la politique sectaire dite "Classe contre Classe", laquelle exclut toute entente avec les partis dits « bourgeois », SFIO comprise. Le Parti qui avait obtenu 26 sièges aux élections de 1924 en perd la moitié aux élections de 1928. Jeune secrétaire à l'organisation, Maurice Thorez dénonce la formation d'une fraction à la tête du parti et prend les rênes de l'institution partisane à la faveur d'une nouvelle crise de direction en 1930-1931.

Des organisations communistes dissidentes, d'extrême gauche, se créent pour défendre un communisme opposé au stalinisme : le Cercle communiste démocratique, la Ligue communiste, L'Union communiste, entre autres.

L'antifascisme, le Front populaire et la guerre d'Espagne (1934-1939)

Après la prise du pouvoir par Hitler, et les événements de 1934 en France, l’Internationale communiste recommande une nouvelle ligne, moins sectaire. La lutte pour la direction du parti entre Jacques Doriot et Maurice Thorez aboutit en 1934 à l'éviction du premier qui crée son propre parti (le Parti populaire français). Maurice Thorez a alors les mains libres pour mettre en œuvre cette nouvelle ligne. Thorez est entouré d'une équipe constituée de Jacques Duclos, Benoît Frachon et du délégué du Komintern, Eugen Fried. L'équipe Thorez-Duclos-Frachon connaîtra une longévité exceptionnelle et dirigera pratiquement le parti français pendant une trentaine d'année.

La Chambre des députés élue en mai 1936.

Le 10 janvier 1936, socialistes, communistes et radicaux se mettent d'accord sur un « programme commun ». Au printemps, le Front populaire gagne les élections et le PC remporte 72 sièges avec 15% des voix. Le PC soutient le gouvernement Blum sans y participer. Début juin 1936, la direction du PC appelle à l’arrêt de la grève générale spontanée qui s’est déclenchée peu avant, et qui permettra l’obtention des congés payés. Sur le plan syndical, la CGTU, communiste, et la CGT dont elle avait fait scission après le congrès de Tours, fusionnent à nouveau.

Les instances dirigeantes sont totalement subordonnées à l'IC, elle même complètement dominée par Staline et les autres dirigeants de l’État soviétique, mais cette subordination pose peu de problèmes à l'intérieur du parti français, tant est grand le prestige de l'URSS, et du fait que le libre débat y est empêché. Toute opposition à la ligne stalinienne entraîne l’exclusion (c’est le cas d’André Ferrat, ancien rédacteur en chef de L'Humanité).

De 1936 à 1939, le soutien aux républicains espagnols représente une composante majeure du parti communiste français, tant par l'envoi de volontaires dans les Brigades internationales que par la mise sur pied de puissants moyens matériels.

La Seconde Guerre mondiale (1939-1945)

En septembre 1939, le parti français approuve la signature du pacte germano-soviétique : l'alliance entre l'Allemagne nazie et l'URSS. Daladier impose la mise hors la loi du PC. Il s'en suivra une scission au sein des élus du parti et une période de clandestinité : l'essentiel de la direction du parti est alors regroupée en Belgique, et, sur un ordre de Dimitrov, Maurice Thorez déserte et rejoint Moscou. Suivant les consignes du Parti, « Une heure de moins pour la production, c'est une heure de plus pour la révolution », certains militants commettent des sabotages dans les usines d'armements françaises pendant la Drôle de guerre[1].


La clandestinité sera brièvement interrompue durant l'été 1940, pour demander en vain, via l'avocat communiste Robert Foissin, membre de la défunte Association juridique internationale (AJI), l'autorisation de faire reparaître légalement, L'Humanité, comme les autres journaux, aux autorités allemandes qu'il obtiendra en échange de la censure des Allemands mais Vichy y opposa son véto. Ainsi l'interdiction se prolongera jusqu'à la Libération, en été 1944. Une partie des élus du PC fonde le Parti ouvrier et paysan français (POPF) qui regroupait les anciens du PC partisans de la Collaboration (plus d'élus que de militants).

Bien préparé à la résistance par la pratique de la clandestinité, le PC français n'engagera la lutte contre l'occupant qu'à partir de juin 1941 lorsque les troupes d'Hitler envahissent l'URSS. Cependant, bien des militants ou des groupes locaux communistes, qui n'avaient pas tous cessé subitement en 1939 ou 1940 d'être antifascistes, s'étaient spontanément engagés dans la résistance, sans demander la permission du parti. On citera par exemple Auguste Havez et Marcel Paul dans l'ouest de la France, la grève des mines du Nord, en mai 1941, cf. Auguste Lecœur), et plusieurs exemples locaux.

À partir de juin 1941, les différentes organisations rattachées de près ou de loin au PC sont alors à même d'attirer un nombre important d'hommes et de femmes désireux de participer à la lutte contre l'occupant (en particulier le Front national et sa branche armée des Francs-tireurs et partisans (FTP)). La mouvance du PC devient importante au sein du Conseil national de la Résistance (CNR).

À noter qu'en 1943, Staline dissout le Komintern, et le parti français est désormais appelé PCF.

L'après-guerre (1944-1970)

À la Libération, celui-ci est devenu une des principales forces politiques françaises qui recueillera jusqu'à 29 % des suffrages et qui a largement débordé ses bastions ouvriers pour être présent dans pratiquement tous les départements. Dans cet esprit, est créé en 1945 l'Union de la jeunesse républicaine de France (250 000 adhérents). De 1944 à 1947, des ministres PCF participent aux différents gouvernements.

C'est en 1947 que sur un fond de guerre froide entre les deux blocs et de guerres coloniales dans l'empire français, les communistes français retourneront dans une opposition que certains qualifieront de ghetto, puisqu'au cours des dix années qui suivent, le PCF est le seul parti à rester à l'écart du pouvoir. Maurice Thorez, atteint d'hémiplégie, passe, entre 1950 et 1953 de longs séjours en URSS pour se faire soigner. Pendant ce temps, l'enthousiasme d'après-guerre qui avait rassemblé des Français d'horizons différents au sein du PCF se dissipe, créant des désaccords idéologiques au sein des militants ; les exclusions sont alors nombreuses, menées principalement par Jacques Duclos (Tillon, Lecœur, Marty, etc.). Après la mort de Staline, en 1953, les dirigeants français hésitent à s'engager à la suite du Parti communiste de l'Union soviétique dans la dénonciation des crimes de Staline. Le PCF reste proche du PCUS, et demeure très lié à l'URSS; Il soutient en 1956 l'intervention militaire contre l' insurrection de Budapest en Hongrie.

En 1956, le PCF suit une ligne d'« unité nationale » et vote, avec d'autres partis, les pouvoirs spéciaux à Guy Mollet — ce dernier ayant (sans succès) tenté d'établir une majorité parlementaire pour obtenir, d'après ses dires, une ligne plus libérale en Algérie. Cependant, Guy Mollet applique par la suite une politique très dure de répression durant la guerre d'Algérie, ce qui poussera le PCF à mener des actions clandestines de sabotage au sein de l'armée française, et à soutenir publiquement le FLN.

Dans les années 1960, le maoïsme commence à séduire différents français ; le PCF est alors marqué par le départ ou l'exclusion d'une partie de ses militants. En 1963, les maoïstes français se regroupent dans l'Association des amitiés franco-chinoises (AAFC) puis l'année suivante dans la Fédération des cercles marxistes-léninistes de France (FCMLF).

Maurice Thorez décède en 1964, mais trois ans auparavant, il avait fait rentrer au bureau politique Georges Marchais qui devait devenir l'homme fort du Parti à partir de 1970. La période entre 1964 et 1970 peut être qualifiée de transition, avec un nouveau secrétaire Waldeck Rochet affaibli par la maladie.

Durant les événements de Mai 68, le PCF est d'abord hostile au mouvement étudiant : Marchais écrit dans L'Humanité du 3 mai un article violent intitulé « De faux révolutionnaires à démasquer », où il s'en prend par exemple à « l'anarchiste allemand Cohn-Bendit ».


La répression par l'URSS du Printemps de Prague voit le PCF se démarquer de la politique soviétique. Le Parti désapprouve, en effet, l'intervention sans pour autant la condamner fermement[2]. Cette ambiguïté l'éloigne d'un certain nombre de militants, en particulier des cercles intellectuels qui lui étaient restés favorables.

À l'élection présidentielle de 1969, Jacques Duclos, que l'on croyait à la retraite, récolte 21,5 % des voix, score considéré comme excellent.

Programme commun et éloignement de l'Union soviétique (1970-1981)

Les dirigeants du PCF ont espéré que la signature d'un programme commun de gouvernement avec le Parti socialiste (1972) allait accroître leur audience dans l'opinion, mais il n'en a rien été : l'alliance profite aux socialistes, tandis que l'érosion du vote communiste devient inquiétante. Le PCF abandonnera le programme commun en 1978.

En 1974 la parution en France de L'Archipel du Goulag d'Alexandre Soljenitsyne, qui provoque un véritable séisme dans l'opinion publique, participe fortement à la dégradation de l'image du Parti.

En 1976, le PCF abandonne la référence au modèle soviétique pour s'orienter vers une ligne de type eurocommuniste. Il abandonne la référence au principe de la « dictature du prolétariat » (XXIIe congrès), affirme son indépendance vis-à-vis de Moscou et son attachement aux libertés publiques : « C’est la voie démocratique et révolutionnaire que nous proposons à notre peuple pour aller au socialisme tenant compte des conditions de notre époque en faveur des forces de progrès, de liberté, de paix ». Le but du PCF, « parti national et internationaliste », est « la transformation de la société capitaliste en une société collectiviste ou communiste, société fraternelle sans exploiteurs ni exploités » (L’Humanité, 20 janvier 1976).

Cela n'empêche pas le parti d'exclure Nina et Jean Kéhayan, qui venaient de publier un ouvrage de témoignage critique sur l'Union soviétique en 1978, Rue du prolétaire rouge, ni Georges Marchais, alors premier secrétaire du Parti, de soutenir en 1979 l'intervention de l'URSS en Afghanistan, en direct depuis un studio de la télévision russe. En 1979 encore, au XXIIIe congrès, le PCF abandonne la référence au « marxisme-léninisme », ce qui se conclut notamment par la disparition du Centre d'études et de recherches marxistes (CERM) et son remplacement par l'Institut de recherches marxistes, qui sera lui-même remplacé en 1995 par l'association Espaces Marx.

L'incompatibilité avec la participation gouvernementale (1981-1989)

En 1981, au premier tour de l'élection présidentielle, Georges Marchais, secrétaire général, obtient 15%, alors que Jacques Duclos en obtenait 22 en 1969. Considéré par certains comme le début du déclin, il n'en est que l'apparition dans les urnes. En effet, dans un monde changeant, avec la disparition progressive des grandes concentrations ouvrières où il avait la mainmise, le parti communiste ne changea pas ses positions. François Mitterrand l'utilisa à son profit tout en le détruisant.

Après la victoire de François Mitterrand, le PCF participe au gouvernement de Pierre Mauroy avec les ministres Charles Fiterman (Transports), Anicet Le Pors (Fonction publique), Jack Ralite (Santé) et Marcel Rigout (Formation professionnelle). De juin 1982 à mars 1983, Jacques Delors, alors ministre de l'Économie, pilote une transition vers une politique de « rigueur économique ».

En effet, après trois dévaluations successives, des milliards de francs de fuite de capitaux et une augmentation du chômage, les socialistes choisissent de renoncer à leur projet économique et social, de peur d'isoler l'économie française dans une Europe où l'austérité est de rigueur. En 1984, les communistes décident de quitter le gouvernement pour protester contre la nouvelle orientation libérale du Parti socialiste.

En 1984, aux élections européennes, la liste Marchais obtient 11,2% et ne dépasse la liste du Front national de Jean-Marie Le Pen que d'un cheveu, cette dernière ayant totalisée 11,0%.

En 1988, au premier tour de l'élection présidentielle, M. André Lajoinie obtient 6,8%, et M. Pierre Juquin, candidat dissident, 2,1%.

En 1989, aux élections européennes, la liste de M. Philippe Herzog, professeur agrégé d'économie à l'université de Paris-X à Nanterre, obtient 7,7%.

Financement et aide logistique par l'URSS

L'URSS a, depuis les années 1920, aidé financièrement et matériellement, les divers partis communistes à travers le monde.

Durant la guerre froide, par année fiscale, environ 2 millions de dollars US étaient transférés à la demande du Politburo de la Gosbank (banque d'État soviétique) au PCF. Ce sont des agents du KGB qui livraient les sommes demandées aux dirigeants des partis concernés.

Le 13 novembre 1979, alors que la guerre d'Afghanistan va s'engager, le Politburo, à la demande de Boris Ponomarev, dégage, « étant donné la situation extrêmement difficile du Parti », six millions de dollars pour le PCF pour lui permettre de payer ses dettes.

Ainsi cette note des archives du PCUS du 13 octobre 1983, sous l'en-tête « Très secret. Du KGB au Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique » :

« Au camarade Ponomarev, directeur du Département international,
Compte-rendu de la rencontre avec le camarade Gaston Plissonnier (PCF) : conformément à vos instructions du 23 septembre dernier, la rencontre a eu lieu à Berlin avec le camarade Plissonnier et son homme de confiance, lors de laquelle nous avons remis aux amis français la somme d'un million de dollars qui leur a été assignée. Pour des raisons de sécurité, le camarade Plissonnier a refusé de signer sur place le reçu avec l'argent livré, se référant à un accord avec Moscou. Néanmoins, il a ordonné à son homme de confiance de signer le reçu de livraison sans indiquer le montant de la somme. »

L'aide apportée par le PCUS était aussi matérielle : le 10 juillet 1987, le Politburo approuve, « suivant la demande du PCF », la livraison de 1 300 tonnes de papier par an pour les années 1987 et 1988.

Pour la seule période de 1971 à 1990, le PCF encaissera cinquante millions de dollars (Parti communiste italien : 47 millions, Parti communiste des États-Unis d'Amérique : 42 millions)[3].

La chute du Mur de Berlin et ses répercussions sur le PCF (1989-2002)

De 27 députés élus en 1988, le Parti n'en obtint plus que 20 en 1993, puis 35 en 1997. Si Georges Marchais est réélu dans le Val-de-Marne, M. André Lajoinie, le Président sortant du groupe à l'Assemblée est battu dans l'Allier. M. Alain Bocquet, député-maire de Saint-Amand-les-Eaux, lui succède.

En 1994, Robert Hue remplace Georges Marchais à la tête du parti. Peu avant la chute du mur de Berlin, le PCF obtient 6,76% à la présidentielle de 1988. En juin 1994, aux élections européennes, la liste de M. Francis Wurtz obtient 6,5%, et 8-10% obtenus aux cantonales.

En avril 1995, au premier tour de l'élection présidentielle, M. Robert Hue, secrétaire national, obtient 8,64%.

Aux municipales de juin 1995, le Havre (Seine-Maritime) et Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise), jusqu'ici communistes, basculent à droite.

La Gauche plurielle

En 1997, après les législatives, le Parti remonte à trente-six sièges à l'Assemblée nationale. M. André Lajoinie retrouve son siège de député de l'Allier et se fait élire Président de la Commission de la Production. Georges Marchais, qui ne s'était pas représenté, décède au début de l'hiver.

Malgré l'échec du socialisme réel, l'influence du Parti reste pourtant loin d'être négligeable. Il tente alors, par une stratégie d'alliance dans la gauche plurielle, une mutation plus profonde. Malgré de fortes dissensions internes, dues aux remises en cause du passé, cette stratégie voulue par Robert Hue a d'abord semblé positive, puisqu'il maintient son électorat et que plusieurs ministres entrent au gouvernement en 1997 : Jean-Claude Gayssot au ministère de l'Équipement, des Transports et du Logement, Marie-George Buffet au ministère des Sports, Michelle Demessine (puis Jacques Brunhes à partir de septembre 2001) au secrétariat d'État au Tourisme et en 2000, Michel Duffour au secrétariat d'État au patrimoine et à la décentralisation culturelle.

La politique de ce gouvernement arrivé aux affaires à la faveur de la dissolution de l'assemblée nationale par le président Jacques Chirac, sera d'abord très populaire (croissance économique, diminution du nombre de chômeurs de 3,2 à 2,2 millions, emplois-jeunes, réduction du temps de travail, etc.) avant de décevoir de nombreux électeurs de gauche et certains militants. Jean-Claude Gayssot fit voter la loi solidarité et renouvellement urbains (SRU) fixant notamment l'objectif de 20 % de logements sociaux dans les villes qui en manquaient et généralisant la régionalisation des services TER de la SNCF. Tout en permettant l'ouverture du capital d'Air France aux capitaux privés et à ses salariés pour relancer l'entreprise mal en point, il préserva la SNCF de la privatisation sans toutefois revenir sur l'existence de Réseau ferré de France créé en février 1997 par Bernard Pons ministre des transports du gouvernement d'Alain Juppé. Il relança le projet de TGV-Est et de nombreux investissements ferroviaires et routiers comme le viaduc de Millau. Au plan européen, il fit avancer la réglementation du transport maritime et la législation sociale dans le transport routier de marchandises. Il donna un élan décisif à la réalisation du projet d'avion Airbus A 380 et autorisa l'accroissement des capacités de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle tout en limitant les nuisances sonores aéroportuaires par une nouvelle définition des couloirs aériens en Ile de France. Son ministère fut également le principal créateur d'emplois-jeunes. Marie-George Buffet fit progresser la lutte contre le dopage dans le sport. Michelle Demessine généralisa le chèque vacances aux PME et fut très active pour que la France reste la première destination touristique mondiale.

Malgré le bilan de ses ministres, le PCF ne pu échapper au sort de la gauche plurielle mise en échec sur la question de la sécurité et en raison de l'incapacité du gouvernement à s'opposer aux licenciements boursiers et à la toute puissance des marchés financiers.

Aux élections européennes de juin 1999, M. Robert Hue, secrétaire national et député-maire de Montigny-lès-Cormeilles, présente une liste à double parité, entre femmes et hommes, et entre communistes et membres de la société civile. Il n'obtient que 6,5% et six élus sur 87.

Le tournant des années 2000

Suite au XXXe congrès de Martigues (mars 2000), qui entérine l'abandon de la conception marxiste-léniniste, un certain nombre d'adhérents quittent le PCF à l'appel de Rolande Perlican, ancienne sénatrice de Paris et communiste ultra-orthodoxe. Le 2 mars 2002, cette dernière crée Communistes, un petit parti révolutionnaire de lutte de classe qui présente deux candidats aux législatives de 2002[4].

Aux municipales de mars 2001, beaucoup de communes communistes basculent à droite, comme Argenteuil, Colombes, Sète, Nîmes et La Seyne-sur-Mer.

Suite au XXXIe congrès, en octobre 2001, Robert Hue est remplacé au secrétariat national par Marie-George Buffet. Les résultats désastreux de l'élection présidentielle et législatives de 2002 (moins de 4%, le second plus bas score de son histoire) mettent les finances du parti gravement en péril. Mais une souscription nationale couvre rapidement le déficit. De plus, aux élections suivantes, il semble localement retrouver son score d'avant 2002. M. Robert Hue, battu aux législatives de 2002, se fait élire sénateur du Val-d'Oise en septembre 2004.

En juin 2004, aux élections européennes, le PCF n'obtient plus que deux élus, et ne dépasse les 5% des suffrages que dans les circonscriptions Île-de-France, Picardie - Nord-Pas-de-Calais. La liste de Mme Marie-George Buffet, députée de la Seine-Saint-Denis et Maire-adjoint du Blanc-Mesnil, obtient 7%.

À l'extrême gauche du spectre politique, le Parti communiste est aujourd'hui concurrencé par des partis trotskistes comme Lutte ouvrière (depuis les années 80, en réalité) et la Ligue communiste révolutionnaire, sans être en mesure de prendre la place du Parti socialiste dans la gauche gouvernementale .

Sur le plan interne, le Parti communiste français s'enrichit d'une diversité d'opinions et comprend plusieurs courants, même si les tendances ne sont pas reconnues par les statuts. Un courant conservateur (les orthodoxes), surtout implanté dans le Nord de la France (Pas-de-Calais), revendiquant le marxisme-léninisme comme doctrine, un courant refondateur (avec notamment Patrick Braouezec ou Lucien Sève) qui prône une réorganisation totale du parti et le courant majoritaire, derrière Marie-George Buffet qui prône l'ouverture aux mouvements sociaux et aux autres organisations de gauche, tout en n'excluant pas une participation gouvernementale.

Le PCF doit enfin faire face à un nouvel adversaire inattendu, à l'autre bout de l'échiquier politique : le Front national qui trouve une partie de ses électeurs dans la classe ouvrière.

Le PCF aujourd'hui (2002-2009)

L'après 2002

Les résultats catastrophiques du PCF enregistrés lors de l'élection présidentielle (1,93 % en 2007 avec Marie-George Buffet, 3,37 % en 2002 avec Robert Hue) et aux élections législatives (4,82 %, son pire score auparavant étant de 9,1 % en 1993, puis 4,29 % en 2007) et la chute subséquente du nombre de militants entraînent de nombreuses remises en cause au sein du PCF, notamment sur la stratégie d'alliance avec le Parti socialiste et de participation gouvernementale prônée par Robert Hue. Ce dernier quitte sa fonction de président au XXXIIe Congrès du PCF [5], et le parti s'engage sur un retour critique sur l'expérience de la gauche plurielle.

Si le constat de la nécessité d'une nouvelle stratégie d'alliance est partagé par la plupart des courants, la définition de la stratégie est loin de faire l'unanimité : ainsi, les orthodoxes voient là une justification de pousser vers une stratégie d'autonomie du parti, les refondateurs pour avancer l'ouverture du PCF sur le mouvement social. Les élections régionales de 2004 voient ainsi diverses stratégies s'affirmer sur le territoire : dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie, les communistes présentent des listes seuls au premier tour, respectivement menées par Alain Bocquet et Maxime Gremetz ; en Île-de-France, Marie-George Buffet et Claire Villiers mènent une liste d'ouverture, sur la base de contenus adoptés en commun par le PCF et ses partenaires (Alternative citoyenne, Les Alternatifs, MARS…) et regroupant de nombreuses personnalités du mouvement social ; dans 14 autres régions en revanche, le PCF fait liste commune avec le PS dès le premier tour.

Les résultats des régionales marquent un net redressement : plus sensible dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie, où les listes « autonomes » obtiennent 10,7 et 10,9% (contre 5,1 et 3,9%) qu'en Île-de-France et en Auvergne, où les listes d'union obtiennent respectivement 7,2 et 9,2 % (Robert Hue, en 2002, avait obtenu 3,6 et 4,5 % dans ces régions)[6]. Les cantonales marquent elles aussi un redressement, mais il ne s'agit là que d'une chute ralentie : les cantons des villes conquises par la droite en 2001 passent, pour la plupart, à leur tour à droite tandis que les passages de relai échouent dans un nombre important de cantons.

La direction du PCF tente d'impulser la logique d'ouverture illustrée par les régionales en Île-de-France lors des élections européennes, mais s'oppose souvent aux résistances des fédérations locales : ainsi, deux des six listes sont conduites par des syndicalistes par ailleurs proches du PCF. Le résultat est en demi-teinte, puisqu'il est largement au-dessus des résultats de 2002 mais ne parvient pas au niveau des élections européennes de 1999 avec 5,24 % contre 6,78 %. Du fait du nouveau mode de scrutin, le PCF n'obtient que trois élus (dont un PCR : Paul Vergès) contre six précédemment.


En 2004, le PCF participe à la fondation du Parti de la gauche européenne, parti politique européen créé afin de coordonner les actions de partis anticapitalistes (mais pas automatiquement « communistes »). Le PCF avait participé en tant qu'observateur à son congrès constitutif, tenu à Rome en mai 2004, qui avait élu Fausto Bertinotti à sa tête. L'adhésion du PCF au nouveau parti est confirmée par une consultation interne, où 75 % des militants s'y déclarent favorables[7] : le courant conservateur du PCF avait mené campagne contre cette adhésion, estimant d'une part que le PGE regroupait des partis trop éloignés du PCF, et d'autre part que la création d'un parti européen entraînait le PCF vers la participation, et l'acceptation de l'« Europe libérale ».

Le Parti communiste français a joué, lors du premier semestre de l'année 2005, un rôle de coordination dans la campagne de la gauche pour le « non » au référendum sur le Traité établissant une Constitution pour l'Europe, notamment en poussant et aidant à la création de collectifs unitaires locaux pour le « non », et en organisation au niveau national réunions et rassemblements unitaires, allant de la LCR aux « socialistes du non ». La stratégie de la direction du PCF sort considérablement renforcée par la victoire du « non », et le PCF s'attache alors à la constitution d'un rassemblement de la gauche antilibérale, à la gauche du PS, formé notamment de socialistes, des trotskistes de la LCR et de personnalités et forces issues du mouvement social (altermondialistes, syndicalistes, associatifs, …).

Le XXXIIIe congrès du PCF a approuvé à plus de 70 % la stratégie du PCF de rassemblement antilibéral, qui s'incarne par le « collectif national d’initiative pour un rassemblement anti-libéral de gauche et des candidatures communes », continuation des « collectifs du non » dans lesquels la LCR ne s'est engagée que prudemment. Le congrès du PCF a toutefois souhaité que le candidat de rassemblement pour l'élection présidentielle de 2007 soit Marie-George Buffet, et sa direction propose qu'elle soit entourée d'un collectif unitaire de porte-paroles, tandis que la LCR a décidé de présenter Olivier Besancenot tant que ses points de désaccord avec les collectifs ne seraient pas réglés (voir le paragraphe détaillé sur l'article Élection présidentielle française de 2007).


En 2006, le PCF est le troisième parti de France par le nombre de ses militants (134 000 en février 2006, dont 99 281 cotisants - les statuts adoptés en 2001 prévoient que l’exercice des droits attachés à la qualité d’adhérent-e est ouvert par le paiement de la cotisation fixée par le Congrès, dont le droit de vote et d'être élu) et le quatrième en nombre de parlementaires. La victoire du « non » au référendum aurait entraîné un certain regain d'adhésions (environ 7 000 selon le PCF).

Le PCF dans les élections nationales de 2007

Au sein du PCF, la candidature présidentielle de 2007 a suscité de nouvelles divisions à l'automne 2006 : outre l'aile orthodoxe du Parti, qui souhaite toujours une candidature communiste, les refondateurs souhaitent que le PCF soutienne le candidat de rassemblement qui sera décidé par les collectifs, même s'il ne s'agit pas de Marie-George Buffet, voire ne soutiennent pas sa candidature (Patrick Braouezec, refondateur, a également présenté sa candidature à l'investiture par les collectifs).

Face à l'incapacité des collectifs, et notamment du collectif national, d'aboutir à un consensus sur une des candidatures, les militants du PCF ont décidé, par vote interne, de confirmer la candidature de Marie-George Buffet comme candidate « de rassemblement » à l'élection présidentielle. Le PCF se fonde sur la légitimité des collectifs, estimant que sa candidature est le « choix le plus partagé » dans ceux-ci lors des deux consultations (la première ayant placé Marie-George Buffet en premier choix, à plus de 55%), ainsi que sur la légitimité au sein du PCF (dont les militants ont voté à 80% pour sa candidature). Le reste du collectif national lui refuse cependant le droit de se revendiquer des collectifs puisque les termes du vote de ceux-ci sur les candidatures n'étaient ni identiques ni précis. Marie-George Buffet s'est mise en congé de la direction du PCF le 4 janvier 2007, afin de « se mettre au service du rassemblement ».


Le 22 avril 2007 au premier tour de l'élection présidentielle Marie-Georges Buffet, candidate de la « gauche populaire et antilibérale soutenue par le Parti communiste français », obtient le score le plus bas de toute l'histoire du PCF au niveau national : 707 327 voix, soit 1,93% des suffrages exprimés, arrivant en septième position,[8] et décide le 24 avril 2007 de convoquer une assemblée extraordinaire en décembre 2007 [9].

Les résultats du premier tour des élections législatives de 2007 organisées le mois suivant sont meilleurs pour le PCF : les candidats présentés ou soutenus par le PCF rassemblent sur leurs noms 4,70 % des suffrages exprimés[10] (les candidats appartenant au PCF totalisent 1 115 719 de voix, soit 4,29 %), soit 0,19 point de moins qu'en 2002.

Lors du second tour des élections législatives, les candidats présentés ou soutenus par le PCF obtiennent 18 députés (13 réélus, 4 successions et 1 nouvel élu) en métropole, tandis que le Parti communiste réunionnais obtient un siège (Huguette Bello, soutenue par le PCF). Ce résultat le plaçait en position de conserver un groupe à l'Assemblée nationale, à condition d'être rejoint soit par un député non inscrit[11]), soit par les quatre députés Verts[12] ; c'est cette dernière option qui est retenue et le PCF constitue avec les Verts le groupe de la Gauche démocrate et républicaine.

Actualité récente

Lors des élections municipales et cantonales de 2008, le PCF adopte une double stratégie d'union aux municipales et se présente sous ses propres couleurs aux cantonales. Le Parti socialiste décide d'imposer des primaires aux maires communistes sortants dans une dizaine de villes de la banlieue rouge et de dans nombreuses autres en France. Le PCF ne perd qu'une de ces primaires (à Pierrefitte-sur-Seine), ce qui constituait un succès important pour le PCF. Il gagne également plusieurs villes, dont Saint-Claude, Dieppe et Vierzon.

Il perd néanmoins plusieurs villes au second tour, dont Calais (grâce au désistement de la liste du FN au second tour, alors qu'il pouvait s'y maintenir, au profit de la liste de rassemblement UMP, Modem et une partie du PS, sans accord préalable entre les 2 listes.), Montreuil (les communistes perdent face à la liste "Montreuil vraiment" associant Verts et dissidents socialistes, et qui réalise un très bon score face à la liste de Jean-Pierre Brard) et ne re-gagne pas des villes comme Le Havre, Sète ou Nîmes. Il l'emporte en revanche à Villeneuve-Saint-Georges, Firminy, Aubière, Villerupt… maintenant ainsi un niveau similaire à celui de 2001.

Pour le scrutin cantonal, le PCF présentait 1 271 candidats (le PS en présentait 1 430, le FN 1035, la LCR 55). Il réalise un score de 8,8 %. Le léger recul par rapport à 2001 (9,8 %) s'explique par un moins grand nombre de candidats présentés (sur les cantons où il est présent dans les deux scrutins il gagne 1,2 % de 11,1 à 12,3 %). Ce scrutin voit l'élection de 118 conseillers généraux communistes. Suite au scrutin, le PCF perd la direction de la Seine-Saint-Denis au profit du Parti socialiste, conserve celle du Val-de-Marne et gagne celle de l'Allier au détriment de la droite.

Ces deux scrutins semblent donc montrer un ralentissement de l'érosion de l'influence du PCF qui retrouve de meilleurs résultats dans ces scrutins locaux qu'il pouvait le craindre après une élection présidentielle catastrophique (1,93 %).

Pour les élections européennes de 2009, le PCF s'est présenté au sein du « Front de gauche pour changer d'Europe », alliance électorale regroupant le Parti de gauche, des dissidents du NPA rassemblés au sein de la Gauche unitaire sous l'égide de Christian Picquet, ainsi que différentes formations politiques comme l'Alternative démocratie socialisme dans le centre et plusieurs personnalités indépendantes. Le Front de gauche a été rejoint au cours de la campagne par République et Socialisme, fraction dissidente du MRC et a reçu le soutien de plusieurs économistes, philosophes et personnalités du monde de la culture. Après une intense campagne de terrain, les listes du Front de gauche ont finalement rassemblé 1 114 872 voix, soit 6,05 % des suffrages exprimés au niveau national, 6,17 % en ne comptant que les circonscriptions de métropole et 6,82 % en tenant compte du score de l'Alliance des outre-mer, qui bénéficiait de son soutien explicite. Sur les quatre élus Front de gauche, deux sont issus du PCF : Jacky Hénin, réélu dans la circonscription Nord-Ouest et Patrick Le Hyaric, élu eurodéputé de la circonscription Île-de-France. Jugeant « satisfaisant » le score de « cette démarche naissante », Marie-George Buffet a appelé à poursuivre et à approfondir la stratégie du Front de gauche en s'attelant à son élargissement, déclarant qu'il « n’y a pas de frontières au Front de gauche, qui doit être encore plus populaire et citoyen »[13]. Une analyse des résultats des divers partis communistes européens à ces élections permet de constater un affaiblissement des partis communistes issus de l'Eurocommunisme et un certain renforcement des partis communistes restés léninistes[14]

Abandon progressif des principes fondamentaux d'un Parti communiste léniniste

PCF : Abandon de notions fondamentales (récapitulatif)[15]

Abandon de la «dictature du prolétariat »

Rapport du Comité central au XXIIe Congrès de 1976 : « Si la dictature du prolétariat ne figure pas dans le projet de document pour désigner le pouvoir politique dans la France socialiste pour laquelle nous luttons, c'est parce qu'elle ne recouvre pas la réalité, de notre politique, la réalité de ce que nous proposons au pays. » « Contrairement à tout ceci, la dictature évoque automatiquement les régimes fascistes de Hitler, Mussolini, Salazar et Franco, c'est à dire la négation même de la démocratie. Ce n'est pas ce que nous voulons. Quant au prolétariat, il évoque aujourd'hui le noyau ; le cœur de la classe ouvrière. Si son rôle est essentiel, il ne représente pas la totalité de celle ci, et à plus forte raison l'ensemble des travailleurs dont premier pouvoir socialiste que nous envisageons sera l'émanation. Il est donc évident que l'on ne peut qualifier de dictature du prolétariat ce que nous proposons aux travailleurs, à notre peuple. » « En luttant aujourd'hui pour les transformations démocratiques prévues par le Programme commun, nous offrons la meilleure base au rassemblement des larges masses populaires, capable d'assurer le remplacement du pouvoir des monopoles par un pouvoir démocratique nouveau. » « Dans notre pays, l'idée du Front populaire, qui devint réalité en 1936, ne se trouvait pas toute élaborée dans Marx ou dans Lénine. Elle se fondait sur les principes généraux du socialisme scientifique et sur une analyse concrète de la réalité concrète. De multiples autres exemples pourraient être pris qui montrent que notre démarche d'aujourd'hui puise son inspiration à la source vivante de la théorie et de la pratique révolutionnaire de notre mouvement. Tels sont les fondements de notre position, les raisons qui nous conduisent à proposer la voie démocratique définie par le projet de document. C'est aussi pourquoi la dictature du prolétariat ne figure pas dans le projet de document. En conséquence, et comme l'ont demandé toutes les conférences fédérales, nous proposons au Congrès de décider l'abandon de cette notion. Nous proposons également au Congrès de charger le Comité central que nous allons élire de soumettre au prochain Congrès du Parti les modifications nécessaires à apporter au Préambule des Statuts. » Rapport de la commission des amendements au XXIIe Congrès de 1976 : « Elle est née de la décision soigneusement pesée du Comité central de ne pas avoir recours à cette notion parce qu'elle ne correspond pas à notre conception du pouvoir socialiste dans la France que nous voulons et elle est née simultanément de la réflexion des membres du Parti sur cette absence. Cette façon de faire a favorisé la réflexion individuelle et la recherche collective, la liberté de la discussion et le rassemblement des opinions. Et à partir d'un moment, l'intervention du secrétaire général du Parti a encore - comme l'ont dit les camarades - stimulé, impulsé, enrichi les discussions. Bien plus : elle a puissamment contribué à intéresser les masses, l'opinion publique la plus large à notre Congrès à notre politique. Non, jamais débat fut moins organisé à la sauvette que celui la ! Le résultat de ce débat est là, clair, éloquent, impressionnant : sur 22 705 délégués à nos 98 conférences fédérales, 113 seulement ont voté contre l'abandon de la dictature du prolétariat et 216 se sont abstenus. »

Abandon du « marxisme-léninisme »

Rapport de la commission des statuts au XXIIIe congrès de 1979 : « C'est vrai d'une vue plus évolutive et plus active sur les problèmes du socialisme scientifique qui a conduit, tout en soulignant l'apport premier, essentiel de Marx et Engels, les développements considérables de Lénine, à renoncer à la formule marxisme-léninisme. Non pas pour atténuer le rôle immense des grands révolutionnaires qui ont élaboré les fondements de notre théorie, mais pour bien en souligner, comme l'a largement fait le rapport de Georges Marchais, le caractère vivant, en développement. Une théorie qui s'enrichit des apports dus à l'avancement du savoir et à l'expérience sociale sous tous ses aspects. »

Abandon du « centralisme démocratique »

Extraits du document « Le Manifeste » au XXVIIIe congrès de 1994 : « Les fondateurs du Parti communiste ont choisi pour principe de fonctionnement le centralisme démocratique. Ce principe a permis de se dégager de la pratique profondément antidémocratique des « tendances » à laquelle il ne peut être question de revenir avec ses enjeux de pouvoir et ses compromis entre leaders qui cristallisent les positions et conduisent à ce que les adhérents n'ont pas de prise réelle sur les choix de leur propre parti et à ce que les électeurs n'ont aucune assurance que les engagements qu'il prend seront tenus. Mais il correspond à une conception du combat révolutionnaire qui fut celle du Parti communiste, qui n'est plus la sienne, et qui doit aujourd'hui être pleinement dépassée : celle qui attribuait à ce parti un rôle de direction de la transformation sociale et mesurait sa capacité de jouer ce rôle à son unité de pensée et d'action autour de la ligne politique décidée centralement. Cette conception conduisait à confondre unité et uniformité et donc à considérer comme des adversaires potentiels, à combattre, à mettre à l'écart des Communistes sincères qui n'étaient pas d'accord avec cette ligne et le disaient. Le Parti communiste, ses militants le regrettent et ne veulent plus que de tels faits puissent se reproduire. Certes, l'application concrète de ce principe a beaucoup variée selon les époques. Il fut un temps où la direction du Parti exerça sur celui-ci un pouvoir outrepassant celui que le centralisme démocratique lui conférait. Inversement, son renouvellement à amené, dans les faits, le Parti communiste à s'éloigner de plus en plus de ce principe, notamment à partir du XXVe Congrès en 1985, lorsque fut décidé de distinguer les positions prises dans la tenue et la conclusion des débats politiques et les critères d'élection des dirigeants. La volonté politique qui marqua le XXVIIe Congrès en 1990 de « travailler ensemble » à tous les niveaux du Parti entre communistes tels qu'ils sont, donc de sensibilités et d'opinions différentes, a constitué un tournant irréversible. Cette volonté a impliqué que le respect d'autrui, la totale liberté de ton, l'écoute mutuelle président aux rapports entre les adhérents, et que ceux-ci deviennent de mieux en mieux les maîtres de leur parti. A son XXVIIIe Congrès, le Parti communiste décide de tirer toutes les implications de ces évolutions. Il appelle tous ceux qui ont été membres du Parti communiste français ou qui se considèrent communistes de coeur à prendre ou à reprendre leur place au sein du PCF pour contribuer à son activité et à son renouvellement. Parce qu'il considère que c'est dans la démocratie, c'est-à-dire l'intervention consciente du peuple, de chaque individu, que réside la solution aux problèmes posés, il adopte des règles de vie entièrement conçues pour libérer les capacités d'initiative et de créativité des communistes, pour dépasser la coupure omniprésente dans notre société entre ceux qui décident et ceux qui exécutent, dirigeants et dirigés. »

Abandon de « la lutte pour le socialisme » comme projet de société

Discussions sur les amendements au document « Sur le projet du Parti communiste » au XXIXe Congrès de 1996 : « Le terme de socialisme renvoyait à plusieurs notions. Il renvoie à un courant de pensée, courant de contestations de la société capitaliste née du socialisme utopique prolongées par les luttes sociales du XIXe siècle, nourries de l'espérance sociale qu'a fait naître la Commune, l'aspiration sociale qu'incarne le socialisme de Jaurès. Mais le socialisme exprime aussi une société de transition, une étape où on changerait d'en haut les conditions économiques et matérielles de la société selon des critères prédéterminés, étape théorisée et modélisée à partir du stalinisme dans les pays de l'Est. La commission n'a pas voulu retenir ce qui fait référence à une étape théorisée. » Extraits du document adopté au XXIXe Congrès de 1996 : « C'est en ce sens que nous parlons de « dépassement du capitalisme » pour caractériser cette conception neuve de la révolution. Dépassement n'est pas adaptation : il ne s'agit en rien d'en rabattre sur l'objectif, qui est de passer à une autre organisation sociale. Mais il n'est pas non plus « abolition » brusque, par décret, dont l'histoire à montré qu'elle ne prémunit ni contre les tares de l'ordre ancien, ni même contre sa restauration. Le terme de « dépassement » correspond à la conception d'un processus de transformation de la société dont le rythme, la durée dépendent du peuple qui permette de mettre en cause, jusqu'à les supprimer, l'exploitation, l'aliénation, les dominations, non pas en faisant table rase de la société actuelle, mais en s'appuyant, dans ce combat, sur le développement des acquis, besoins, potentiels de cette société. Nul ne peut prétendre définir à l'avance les constructions politiques et les ruptures par lesquelles cette transformation socialiste s'effectue, au rythme des luttes et des votes du peuple. »

Abandon de l'internationalisme prolétarien

A son XXXIVe Congrès en 2008, le PCF a lancé les bases d'un nouvel internationalisme qui doit "remplacer" l'internationalisme prolétarien[16]

Congrès du Parti communiste français

Les courants du PCF

L'organisation en tendances n'existe pas au sein du PCF. À l'origine, ceci était lié à la conception dite « centraliste démocratique » du Parti. Cependant, cette interdiction est demeurée après le XXVIIIe Congrès qui a, en 1994, officiellement rompu avec le centralisme démocratique. Les nouveaux statuts du PCF[17], issus du XXXIe Congrès, disposent : « Ainsi, nous faisons le choix de faire du pluralisme de droit un principe de notre mode de fonctionnement. Pour autant, les communistes ne veulent pas que cela se traduise par un fonctionnement en tendances. ». Cependant, on peut identifier au sein du PCF des courants ainsi que des groupes politiques, qui s'affirment notamment lors des votes internes (textes d'orientation, élection des directions, consultations internes…).

  • Des anciens partisans de Robert Hue, tels que Marie-Pierre Vieu ou Dominique Grador, qui considèrent que le PCF doit se « métamorphoser », sans toutefois préconiser nécessairement la création d'une nouvelle force politique pour le remplacer. Au XXXIVe Congrès du PCF ils ont déposé une liste alternative avec les "refondateurs", soutenus par des figures du PCF telles que Jack Ralite, Lucien Sève ou Georges Séguy. Pour sa part, Robert Hue a quitté le conseil national du Parti en décembre 2008 pour fonder une association politique, intitulée "Nouvel Espace Progressiste" (NEP) et soutenue par le sénateur Ivan Renar.
  • Les animateurs" de l'association La Riposte, liée au niveau international à la Tendance marxiste internationale, ont déposé un texte alternatif pour le XXXIVe Congrès intitulé « Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme » qui a recueilli 15,04% des suffrages. Les membres de ce courant sont partisans d'un retour aux fondamentaux marxistes du PCF et à une stratégie révolutionnaire tout en condamnant sévèrement le stalinisme et la bureaucratisation de l'U.R.S.S.. La Riposte maintient une activité politique propre, indépendamment du PCF, notamment par la diffusion de La Riposte, de documents et de brochures mais aussi par la tenue de formations et de réunions pour ses adhérents et sympathisants.

Personnalités du Parti communiste français

Secrétaires généraux puis nationaux

La fonction de secrétaire général est créée en 1924 et supprimée en 1928, puis rétablie officiellement en 1935. Elle est remplacée par la fonction de secrétaire national au 28 XXVIIIe Congrès du PCF, en 1994.

Le XXXIe Congrès du PCF, en 2001, a également créé la fonction de président, instaurant un exécutif à deux têtes. Elle a cessé d'exister en 2002, au XXXIIe Congrès du PCF, quand Robert Hue décide de ne pas se représenter.

Le 4 janvier 2007, le Conseil national a voté la mise en congé de la direction du PCF de Marie-George Buffet, remplacée par un collectif de direction composé de cinq personnes : Brigitte Dionnet, Jean-François Gau, Joëlle Greder, Michel Laurent et Jean-Louis Lemoing le temps de la campagne présidentielle.

Lors de sa réunion le 24 avril 2007, le Conseil national décide la reconduite de Marie-George Buffet dans ses fonctions de secrétaire nationale.

Candidats aux élections présidentielles

Avant 1958, le président de la République était élu par les députés et sénateurs, réunis en « Assemblée nationale » (IIIe République) ou en « Parlement » (IVe République). Le 21 décembre 1958, il a été élu par un collège de 80 000 grands électeurs. La révision de 1962 de la Constitution a instauré l'élection du président de la République au suffrage universel direct.

Parlementaires communistes

Seize députés sont membres du PCF (dont Maxime Gremetz, dissident non soutenu par le PCF), un y est apparenté (Jean-Pierre Brard) et une membre du Parti communiste réunionnais (Huguette Bello). Ils sont membres du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, avec les trois députés du Parti de gauche (Martine Billard, Marc Dolez et Jacques Desallangre) et les trois députés des Verts (Yves Cochet, Noël Mamère et François de Rugy). Son président est Jean-Claude Sandrier.

Le PCF compte également 21 sénateurs, qui forment, conjointement avec Gélita Hoarau (Parti communiste réunionnais) et les deux sénateurs du Parti de gauche (Marie-Agnès Labarre et François Autain) le « groupe communiste, républicain, citoyen et des sénateurs du Parti de gauche », présidé par Nicole Borvo Cohen-Seat.

Implantation locale

Le PCF revendique encore près de 10 000 élus locaux et 500 municipalités[21] de toutes tailles, dont 89 dans des villes de plus de 9 000 habitants[22]. Parmi les principales, on trouve : Arles, Aubagne, Nanterre, Dieppe, Martigues, Vierzon, Vaux-en-Velin, Saint-Denis, Saint-Martin-d'Hères, Pierrefitte-sur-Seine, Bagnolet, La Courneuve, Le Blanc-Mesnil, Villepinte, Villeneuve-Saint-Georges, Portes-les-Valence, Firminy, Aubière, Villerupt, Queven et Roissy-en-Brie.

Cette bonne implantation locale s'appuyant sur des « fiefs historiques » permet au parti de résister électoralement, en lui assurant par exemple plusieurs sièges de députés. Ces élus reversent également une partie de leur traitement au parti, ce qui constitue une source de revenu non négligeable.

Au niveau départemental, le PCF a perdu son bastion historique de Seine-Saint-Denis au profit du Parti socialiste, en revanche il conserve dans la « Ceinture rouge », le département du Val-de-Marne, et il a conquis de département de l'Allier.

Notes et références

  1. « Quand le PCF négociait avec les nazis », Michel Lefebvre, Le Monde, 10 décembre 2006.
  2. « Le Bureau politique du Parti communiste français […] exprime sa surprise et sa réprobation à la suite de l'intervention militaire en Tchécoslovaquie. […] Le Parti communiste français n'a cessé de lutter dans ce sens en faisant connaître son opposition à toute intervention militaire venant de l'extérieur. », communiqué du PCF publié dans L'Humanité du 22 août 1968. Dans : Roland Leroy (dir.), Un siècle d'Humanité, 1904-2004, Le Cherche-Midi, 2004.
  3. Genevofa Étienne & Claude Moniquet, Histoire de l'espionnage mondial, tome 2, Éditions du Félin, 2001, p. 268-269
  4. Voir le site du parti "Communistes".
  5. Lettre de Robert Hue à Marie George Buffet
  6. Quand le Parti communiste reprend des couleurs : analyse électorale des résultats du PC au premier tour des régionales, étude IFOP
  7. Le PCF décide d’adhérer au PGE, article de L'Humanité
  8. Résultats officiels
  9. Le Monde, 25 avril 2007
  10. CommunisteS n° 269, 13 juin 2007
  11. Le Parti communiste pourrait conserver son groupe à l'Assemblée, LeMonde.fr, 18 juin 2007.
  12. Les Verts gagnent un quatrième député, M. Mamère veut former un groupe avec le PCF, LeMonde.fr, 18 juin 2007
  13. « Buffet appelle à élargir le Front de gauche », Libération, 10/06/2009
  14. Actualité ou déclin des Partis Communistes? par Fausto Sorini (PRC/L'Ernesto)
  15. Blog Réveil communiste
  16. AlternativeForge.net
  17. statuts du PCF
  18. Résultat du vote des communistes sur la base commune du XXXIVe Congrès, sur le site du PCF.
  19. Guillaume Gaven, PCF : Marie-George Buffet confortée dans sa stratégie de relance, France Info, 13 décembre 2008.
  20. « Continuer l'engagement communiste. Fonder une nouvelle force politique », contribution collective en vue du XXXIVe Congrès du PCF.
  21. http://www.politique.net/2007110602-municipales-2008-division-socialistes-communistes.htm
  22. http://electionslocales2008.courrierdesmaires.com/PAR_TPL_IDENTIFIANT/3653/TPL_CODE/TPL_HYPERBREVE_FICHE/PAG_TITLE/Le+communisme+municipal+r%E9siste+mais+perd+des+bastions/1653-fiche-d-une-actualite.htm

Bibliographie succincte

  • ROBRIEUX, Philippe. Histoire intérieure du Parti communiste (4 tomes), Paris, Fayard, 1980-1984.
  • COURTOIS, Stéphane et LAZAR, Marc. Histoire du Parti communiste français. Paris, PUF, Coll. Thémis, 2000. 437 pages.
  • KONOPNICKI, Guy. 1920–2020 : vive le centenaire du PCF. Paris, Libres/Hallier, 1979.
  • Collectif, « Révolution et tragédie : le siècle communiste ». L'Histoire, 1998, n° 233 (hors-série).
  • Collectif, « Le PCF 1938-1941 », in Cahiers d'histoire, 1983, n° 14.
  • KRIEGEL, Annie, Les Communistes français, 1920-1970,Paris, Seuil, Coll. L'Univers Historique, 1985.
  • GIRAULT, Jacques (dir.), Des communistes en France (années 1920 - années 1960), Paris, Publications de la Sorbonne, 2002.
  • SANTAMARIA, Yves, Histoire du Parti communiste français, Paris, La Découverte, Coll. Repères, 1999.
  • Berlière Jean-Marc, Liaigre Franck, Liquider les traîtres. La face cachée du PCF 1941-1943, Robert Laffont, 2007

Voir aussi

Articles connexes

Liens génériques

Liens spécifiques

Presse communiste

  • Quotidiens :
    • L'Humanité, quotidien fondé en 1904 par Jean Jaurès ;
    • Rouge Midi,ancien journal dirigé par Fernand Pauriol, membre de l'orchestre rouge et fusillé par les allemands
    • La Marseillaise, quotidien communiste régional diffusé dans le Sud Est de la France.

Liens externes

Les sites institutionnels

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