Tchernychevski

De CocoWikipedia
Aller à : navigation, rechercher

Résumé

Tchernychevski, Nikolaï Gavrilovitch (1828-1889)

Philosophe matérialiste et écrivain russe, critique «t socialiste utopique, chef de file du mouvement démocratique révolutionnaire des années 1860 en Russie, un des éminents précurseurs des sociaux-démocrates russes. Une génération entière de révolutionnaires russes s'est nourrie de ses œuvres. La conception du monde de Tchernychevski a été influencée par les idées de Herzen et de Biélinski ainsi que par la philosophie classique allemande, en particulier par Feuerbach. Mais Tchernychevski est allé plus loin que Feuerbach pour ce qui est de la compréhension du rôle social de la philosophie. Ses conceptions théoriques furent entièrement subordonnées à la cause de la lutte pour la libération des travailleurs de l'esclavage féodal et bourgeois. En théorie de la connaissance, Tchernychevski avait des positions rigoureusement matérialistes et critiquait vivement l'agnosticisme (Kant et d'autres). Il voyait la source de la connaissance dans le monde objectif qui agit sur les sens de l'homme. II accordait une grande importance à la pratique qu'il qualifiait de pierre de touche de toute théorie. A la différence de Feuerbach, il essaya de transformer la dialectique de Hegel dans un sens matérialiste. Dans de nombreux domaines (économie politique, histoire, esthétique, critique littéraire) il donna de remarquables exemples d'approche dialectique des problèmes théoriques et pratiques. Le matérialisme de Tchernychevski pèche par de graves insuffisances (anthropologisme), conception bornée de la pratique et du processus de la connaissance, etc.). Cependant, le démocratisme révolutionnaire l'aida à dépasser les nombreuses faiblesses de l'an-thropologisme. Dans plusieurs questions, il était très proche de l'explication matérialiste de la vie sociale. Cela se traduit surtout dans sa conception du caractère de classe de la société de son temps, dans la reconnaissance de la lutte des classes comme force motrice du développement, etc. Tchernychevski voyait également que l'idéologie et la conscience des hommes sont liées à leurs conditions économiques. Il soulignait que dans l'histoire de la société les intérêts des travailleurs ont une importance fondamentale et que les masses populaires sont le principal acteur de l'histoire. Lors de la réforme agraire, Tchernychevski dénonça l'empressement des libéraux auprès des féodaux. Il rêvait de parvenir au socialisme par l'intermédiaire de l'ancienne communauté rurale; comme Herzen, il fut un des fondateurs du populisme. Tchernychevski ne pouvait savoir que seul le prolétariat constitue la force à même de construire le socialisme. Toutefois, de tous les utopistes, Tchernychevski est celui qui, dans sa théorie, a été le plus proche du socialisme scientifique car il fondait ses espoirs sur la révolution. Le socialisme utopique de Tchernychevski était étroitement lié à son démocratisme révolutionnaire. Il comprenait que le socialisme ne peut être créé que sur la base d'une technique développée et que seules les masses populaires peuvent le créer. Il travailla beaucoup dans le domaine de l'économie politique. L'idée fondamentale de son « économie politique des travailleurs » est celle de « l'union totale des qualités de propriétaire et de travailleur dans une même personne ». Selon lui, le travail doit cesser d'être une marchandise qui se vend. Dans les « Rapports esthétiques de l'art à la réalité » (1855), il fit une critique détaillée de l'esthétique idéaliste, formula les grands principes d'un art réaliste. Les œuvres de critique littéraire de Tchernychevski, les travaux de Biélinski et de Dobrolioubov exercèrent une large influence sur le développement de la littérature, de la peinture et de la musique russes d'avant-garde. Elles ont gardé toute leur valeur aujourd'hui encore. Tchernychevski est un éminent écrivain. Il a écrit « Que faire? » (1863), « Prologue » (1867-1869), « Essai sur la période gogolienne de la littérature russe » (1855-1856), « Critique des préjugés philosophiques à rencontre de la propriété communale » (1858), «Principe anthropologique dans la philosophie » (1860), « Caractère du savoir humain » (1865), etc.

Notes et références


Bibliographie

I. Frolov, Dictionnaire philosophique, Éditions du Progrès, Moscou, 1985, pp. 506-507